Eglantine retrouvée, Yves Viollier, Presses de la Cité.
C’est en Vendée, dans le premier tiers du XX° siècle, qu’Yves Viollier situe son roman « Eglantine retrouvée », paru aux Presses de la Cité. A la mort de son père, Eugène, marchand ambulant, et de sa mère, Germaine, couturière, Eglantine est rejetée par sa famille paternelle Elle est finalement recueillie par son grand père. Elle grandit dans une ferme, où la vie est aussi rude que le climat, et les traditions tenaces. Elle reste une étrangère dans ce foyer. Mais elle est courageuse, travailleuse et montre un caractère docile qui lui permet de traverser les épreuves, les deuils, la maladie, les échecs. Elle est pourtant sensible et émotive, découvrant la nature comme le grand livre de la vie, l’univers auquel elle appartient. Elle découvre aussi l’école avec grand intérêt, portée par la magie des mots. C’est le monde de l’évasion et de la construction. Elle oppose aux chagrins et à la dureté du monde, une douceur résolue, comme si tout glissait sur elle. Elle garde l’espérance qu’au bout de l’enfance, une aurore s’ouvrira pour elle et que le bonheur lui sourira. C’est avec une écriture douce, poétique et d’une grande finesse qu’Yves Viollier nous raconte cette démarche résolue au cœur d’un univers rural où les choses ne changent jamais. Le mot ‘résilience’ aurait pu être inventé pour Eglantine.
Jean-Luc Aubarbier, écrivain.

La Maison des Trois Sœurs, Lyliane Mosca, Presses de la Cité.
Avec « La Maison des Trois sœurs », paru aux Presses de la Cité, Lyliane Mosca nous propose trois destins de femmes, en Champagne, au début du XX° siècle. Victoire s’est toujours rêvée écrivaine. A contrecœur, elle a accepté d’emménager dans la campagne champenoise avec son compagnon. Elle a du mal à s’adapter à la vie rurale. Tout change lorsqu’elle parvient à apprivoiser la vieille demeure où ils ont emménagé. Elle découvre dans un tiroir, des lettres et des journaux intimes qui la plongent dans le passé. Une habile mise en abîme nous renvoie aux années noires de la première guerre mondiale, auprès de trois sœurs qui illustrent les différentes attitudes des femmes au cours de ces heures sombres où leur existence a basculé. Le départ des hommes au front a libéré des emplois et permis des sentiments et des pensées jusqu’alors interdits. Dotée d’un fort caractère, Camélia a pris seule a direction du moulin familial, remplaçant les hommes partis se battre. Courageuse et généreuse, Iris s’est engagée comme infirmière et risque sa vie pour soigner les blessés. Anémone, la jeune couturière, attend le retour de son fiancé mobilisé dans les tranchées. Un secret, légué par leur mère, unit ces trois sœurs courageuses et portées par le sens du devoir. Un très bon roman historique qui porte des valeurs de modernité.
Jean-Luc Aubarbier, écrivain.

Courrier français du 2 octobre 2026. Article suivant