Je voulais vivre, Adelaïde de Clermont-Tonnerre, Grasset.
Adelaïde de Clermont-Tonnerre a obtenu le prix Renaudot 2025 avec « Je voulais vivre » paru chez Grasset. Si tout le monde connait « Les trois mousquetaires » d’Alexandre Dumas, on y trouve un personnage énigmatique, fascinant et séduisant : Milady de Winter, la méchante de l’histoire qui séduit d’Artagnan, assassine sa compagne Constance Bonacieux et lord Buckingham et finit décapitée par le bourreau de Béthune. L’auteure a choisi de nous raconter son histoire, en inversant les rôles. Milady est d’abord une victime. Encore enfant, elle a vu sa mère et sa nourrice assassinées sous ses yeux. Recueillie par un prêtre, elle est élevée dans un couvent, mais elle ne rêve que de vengeance. En surcroit de la bonne éducation qu’elle reçoit, elle apprend l’escrime, l’équitation, l’art des poisons. Séduite par un religieux, elle s’enfuit et trouve refuge chez le comte de La Fère dont le fils, Athos, tombe éperdument amoureux de cette jeune femme pas ordinaire. Il l’épouse en secret, mais, lorsqu’il découvre la marque d’infamie qu’elle porte à l’épaule, il la chasse. En fait, ce sont les assassins de sa mère qui l’ont ainsi châtiée. Elle n’a jamais été une prostituée. Dépitée, elle gagne l’Angleterre où, pour survivre, elle devient espionne au profit de la couronne de France. Elle y épouse, par convenance, lord Winter. Mais elle ne pourra jamais trouver la paix de l’âme, jamais faire confiance à un homme. Un roman très agréable à lire.
Jean-Luc AUBARBIER, écrivain.

Courrier français du 24 avril 2026. Article suivant