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by • 9 janvier 2016 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur ESSOR SARLADAIS du 8 janvier 2016748

ESSOR SARLADAIS du 8 janvier 2016

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TITUS N’AIMAIT PAS BERENICE.

Le Tour des Livres.

 

Excellent prix Médicis que ce cru 2015 ; Nathalie Azoulai revisite la vie et l’œuvre de Racine avec son roman « Titus n’aimait pas Bérénice » paru chez P.O.L.  Redécouvrir Racine à la suite d’un chagrin d’amour, c’est aller bien au-delà des clichés scolaires ennuyeux. Racine est d’abord ce jeune garçon sensuel élevé dans l’austérité de Port-Royal où sa tante est religieuse. Sous la houlette de son professeur, il va évoluer entre l’absolu du religieux et l’idéal littéraire, en apprenant les sentiments dans les livres. Pourquoi les classiques grecs er romains enseignent-ils ce que la morale interdit ? Quittant le monde monastique, il va plonger dans l’univers du théâtre, avec ses compromissions, sa soumission envers les puissants, ses jalousies et l’univers sensuel des comédiennes dont il fera grand usage. Devenu le maitre des chagrins d’amour, il sera protégé par Louis XIV après avoir triomphé du vieux Corneille. Son intransigeance, son désir d’absolu, c’est envers la langue française qu’il les accomplira.

De Racine à la nuit de feu de Pascal, il n’y a qu’un pas que nous franchissons avec Eric-Emmanuel Schmitt.  C’est bien en référence au philosophe du Grand Siècle qu’il nomme son roman, paru chez Albin Michel « La nuit de feu ». Si Pascal a rencontré l’absolu, Dieu pour lui, dans sa chambre, Eric-Emmanuel Schmitt a connu dans le désert un instant semblable, où il s’est retrouvé en communion avec l’univers. Egaré lors d’une marche dans le Hoggar, prêt à mourir de soif, il découvre soudain le bonheur absolu, le sentiment d’éternité et le savoir instantané. Sans plus hésiter, il regagne le campement dont il avait perdu la trace. Une expérience qui marquera sa vie et son œuvre.

Chez Julliard, Danièle Saint-Bois publie « Voyage en Suède », un roman à suspense qui utilise les thèmes de l’identité et de la mémoire. Viviane étouffe sous la houlette d’un mari jaloux et mafieux quand elle est contactée pour jouer la doublure d’Olivia Rochefort, la grande vedette du cinéma français. Méditerranéenne, elle ne rêve que des paysages nordiques de la Suède. Mais c’est à Paris qu’elle va mêler son identité à celle d’Olivia à laquelle elle ressemble tant. Un roman rondement mené, entre thriller et portrait intimiste, où s’entremêle humour et dimension sociale.

C’est un thriller pur et dur que nous propose Alexis Aubenque avec « Tout le monde te haïra » chez Robert Laffont. Alice débarque dans une petite ville du sud de l’Alaska, dans l’espoir de retrouver Laura, sa sœur, mystérieusement disparue. Elle s’offre les services de Nimrod, détective privé aux allures louches, qui découvre que Laura enquêtait sur la disparition en mer d’un navire russe avec une centaine d’orphelins à son bord. En parallèle, le corps d’un notable de White Forest est retrouvé éventré à l’aide d’une arme inuit servant à chasser le phoque. Dans un Alaska d’une sauvagerie implacable, la ruée vers l’horreur a commencé.

C’est prés de Millau, dans le Causse Noir, que Jacques Mazeau a situé l’intrigue de son roman « Les âmes obscures » publié aux Presses de la Cité. Céline revient dans sa ville natale pour retrouver les traces de son père, un éleveur à la réputation trouble. Dans sa démarche, elle noue une relation amoureuse avec David, un policier venu de Paris pour une enquête. Les deux affaires vont-elles se rejoindre, derrière les murs des bergeries isolées qui dissimulent bien des secrets. Pour Céline, la lente dissolution de la figure paternelle a commencé.

 

JEAN-LUC AUBARBIER.

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