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by • 12 mars 2026 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur Essor Sarladais du 13 mars 2026.15

Essor Sarladais du 13 mars 2026.

Technologie et sentiments.

Le Tour des Livres.

   Jusqu’où peut-on connaitre quelqu’un à travers le contenu de son téléphone portable ? Telle est la question que pose Delphine de Vigan dans son nouveau roman « Je suis Romane Monnier » paru chez Gallimard. Thomas a l’impression de vivre à côté de sa vie, depuis que sa fille, Léo, qu’il a élevé seul, est partie. Au retour d’une soirée arrosée, il se retrouve avec un téléphone qui n’est pas le sien, mais celui d’une certaine Romane Monnier. Sans le rencontrer, elle lui restitue son bien, mais lui demande de garder ou de jeter son iphone. Par curiosité d’abord, il ouvre l’appareil et en consulte les messages. Puis il se prend au jeu, qui devient une véritable obsession. Romane Monnier a disparu sans laisser d’adresse, il veut absolument découvrir qui elle est, en lisant ses comptes-rendus avec sa psy, ses récits de vacances, ses conversations avec ses amies, en violant l’intimité de ses souvenirs et de son carnet d’adresse. Thomas, à 47 ans, a connu l’époque « sans iphone ». Est-ce que c’était mieux ? Il est hanté par une autre disparition, celle de Pauline, la mère de Léo, partie en Inde, elle aussi sans laisser d’adresse, en abandonnant sa fille. L’I.A. intervient dans nos vies, en rendant possible ce qui était difficile. Mais, par ses algorithmes, elle prend le dessus sur nous et influe sur nos décisions. La réalité existe-t-elle, au final, ou tout n’est-il que relatif ?

Franco-américaine, originaire de Guadeloupe, Jennifer Richard a choisi le français pour écrire « La Vie infinie », publié chez Philippe Rey. En accompagnant Adrien, son époux, dans un voyage professionnel au Maroc, Céline voit son romantisme se heurter à la réalité. Elle vit une agréable situation, profite de l’argent de son mari, uniquement préoccupé par son métier de créateur de startups numériques, mais elle ne se sent pas à sa place. Leur fille, Zoé, souffre de troubles psychiques et ne supporte pas les contacts humains. Par hasard, Céline retrouve Pierre, son ami de lycée. Lui a toujours fait ce qu’il a voulu. Il vivote sur une péniche ancrée sur les bords de Seine. Son bien le plus précieux, c’est le temps. Il va parvenir à apprivoiser Zoé et déclare sa flamme à sa mère. Céline va devoir choisir entre le bonheur dématérialisé sur ordinateur que lui propose Adrien, et la plongée dans l’insécurité de la nature avec Pierre.

C’est entre réalité trompeuse et fiction révélatrice que Didier van Cauwelart situe son roman « L’Impasse des rêves » publié chez Albin Michel. Une erreur d’enveloppe – l’éditeur a renvoyé à chacun le manuscrit de l’autre – a rapproché Anaïs et le narrateur, tout deux romanciers. Entre eux, c’est le coup de foudre. Mais Anaïs est mariée, avec deux enfants. Et surtout, son roman renferme les clés d’un meurtre qu’elle va peut-être commettre à l’automne suivant. Peut-on concilier l’amour fou et les conséquences d’un meurtre ?

Chez le même éditeur, Néo (pseudo de Nicolas d’Estienne d’Orves) publie « La Reine de Mai ». Expert en tableaux anciens, Tobias est également faussaire et coureur de jupon. Le jour où l’épuisement et le manque d’inspiration le guette, il doit plonger au plus profond de la luxure et de la prédation. Un jeu dangereux.

                                                                        Jean-Luc Aubarbier.

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