La Cousine de Bordeaux, Jean-Paul Malaval, Calmann-Lévy.
C’est un univers à la Mauriac que nous décrit Jean-Paul Malaval avec « La Cousine de Bordeaux » paru chez Calmann-Lévy. Après la mort accidentelle de sa sœur, Richard Valdemon s’est éloigné de sa famille, et surtout de son père, Armand, un homme autoritaire et dominateur. Il a quitté la Dordogne pour exercer, au loin, son métier d’architecte. Armand venant de décéder subitement, Richard, désormais le dernier des Valdemon, revient à contrecœur dans la propriété familiale près d’Hautefort, avec la ferme intention de tout liquider rapidement. Il ne veut même pas pénétrer dans la maison, par crainte du fantôme paternel. Mais les voisins, le commerçants du village, lui font un portrait d’Armand bien différent de son souvenir. On lui décrit un homme bienveillant, très apprécié de son entourage. En fouillant les archives, en mettant le nez dans la gestion d’une coopérative de propriétaires de noyers que dirigeait son père, il découvre un homme complexe, généreux avec tous (sauf avec sa famille). Mais lui-même est-il si différend ? Dans son refus de s’engager avec sa compagne, comme dans sa rupture avec les siens, n’est-il pas comme son père ? Les deux hommes se ressemblent terriblement, mais Richard s’est refermé sur-lui-même. Il a refusé d’aimer Armand, mais la mort l’y oblige. Il s’aperçoit qu’il aurait bien voulu être aussi actif que son père. Des deux, c’est lui qui a eu tort. Les secrets de famille ne manquent pas dans cet ouvrage, jusqu’à cette mystérieuse cousine de Bordeaux qui apparait dans l’intrigue sans prévenir.
Jean-Luc Aubarbier, écrivain.

Essor Sarladais du 30 janvier 2026. Article suivant