En région.
Le Tour des Livres.
C’est un univers à la Mauriac que nous décrit Jean-Paul Malaval avec « La Cousine de Bordeaux » paru chez Calmann-Lévy. Après la mort accidentelle de sa sœur, Richard Valdemon s’est éloigné de sa famille, et surtout de son père, Armand, un homme autoritaire et dominateur. Armand venant de décéder subitement, Richard, désormais le dernier des Valdemon, revient à contrecœur dans la propriété familiale, en Dordogne, près d’Hautefort, avec la ferme intention de tout liquider. En fouillant les archives, en parlant avec les voisins, en mettant le nez dans la gestion d’une coopérative de propriétaires de noyers que dirigeait son père, il découvre un homme complexe, très apprécié de son entourage, généreux avec tous (sauf avec sa famille). Il a refusé de l’aimer, mais la mort l’y oblige. En fait, les deux hommes se ressemblent : Richard se comporte de manière distante avec sa propre compagne, il est fermé sur lui-même. Il s’aperçoit qu’il aurait bien voulu être aussi actif qu’Armand. Les secrets de famille ne manquent pas dans cet ouvrage, jusqu’à cette mystérieuse cousine de Bordeaux qui apparait dans l’intrigue sans prévenir.
C’est une amitié féminine que nous propose Caroline Hussar avec « Le Rivage le plus sûr » son deuxième roman, paru aux Presses de la Cité. Claire et Eléonore se sont connues à leur entrée au collège. Rien n’a pu les séparer dès lors. Claire est la fille d’un ouvrier, conseiller municipal ; il travaille à l’usine qui fait vivre toute la ville de Saint-Yorre. Elle n’est pas à plaindre : passionnée d’équitation, elle possède son propre cheval. Les parents d’Eléonore tiennent un hôtel-restaurant sur les bords de l’Allier. Seule la rivière sépare les deux adolescentes qui vont connaitre, ensemble, leurs premières amours et diverses épreuves, sans jamais perdre leur solidarité.
C’est un très beau roman que nous propose le Briviste Gilbert Bordes avec « Et les arbres se mirent à chanter » publié chez XO. Paul, luthier de son métier, est un homme cassé, vieilli, empli de haine et de ressentiment. Il ne parvient plus à fabriquer de bons instruments, car ces derniers ressemblent à leur créateur. Après un accident à la main, Angline, jeune violoncelliste, ne peut plus jouer en virtuose. La seule vue d’un instrument la révulse. Leur rencontre va les réconcilier avec la vie. Tout deux vont remonter à l’origine de la musique, au bois dont on fait des instruments. Ecouter le bois, trouver l’arbre parfait, le lecteur comme les personnages se retrouvent au cœur de la vie. « Paul, c’est moi » dit Gilbert Bordes, lui-même luthier. Son roman a reçu le prix André Manoukian 2025.
Avec « Le Carnet Gris », publié chez Calmann-Lévy, le provençal Jean Siccardi nous livre l’histoire de son grand-père, de Drancy à Auschwitz. Louis s’installe au Broc, un petit village du Var, dans la maison de ses grands-parents. Quand il était enfant, son grand-père lui avait confié un carnet qu’il ne devait lire qu’après sa mort. L’heure est venue.
Jean-Luc Aubarbier.



Le Courrier Français du 2 janvier 2026. Article suivant