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by • 6 mai 2016 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur ESSOR SARLADAIS du 6 mai 20161443

ESSOR SARLADAIS du 6 mai 2016

couv l'arracheuse de dents

 

CALAMITY JANE MADE IN FRANCE

Le Tour des Livres.

 

Sous le plancher de sa maison à Nantucket, un professeur retrouve les mémoires de son aïeule, morte centenaire, tel est le thème du roman de Franz-Olivier Giesbert, « L’arracheuse de dents », publié chez Gallimard. Lucile a traversé le siècle, et quel siècle ! Fille de métayer, elle joue du couteau dans le désordre de 1789. Devenue dentiste à Paris, elle soigne Robespierre et le Dauphin. Pour elle, ces guillotineurs sont le Mal et elle décide de consacrer sa vie à lutter contre lui. Après avoir exécuté l’assassin de sa famille, elle guerroie en Vendée auprès de monsieur de Charrette dont elle devient la maitresse. Déguisée en garçon, elle embarque sur un navire négrier en partance pour l’Amérique, tombe amoureuse d’Apollon, un esclave dont elle organise la fuite et qui lui donne un fils. Elle fréquente Washington, Jefferson, La Fayette qu’elle suit en France où elle espionne Napoléon (en couchant avec lui). De nouveau en Amérique, elle participe à la guerre de Sécession, libérant les Noirs tout en dénonçant la brutalité des Yankees. Enfin, elle vivra parmi les Sioux, participera à la bataille de Little Big Horn où elle tuera le général Custer. Tout cela est il vrai ? Ne dit-on pas « menteur comme un arracheur de dents » ?

Chez Albin Michel, Christian Signol change de saison pour faire paraitre au printemps « Se souvenir des jours de fêtes ». En 1939, l’orage gronde sur les frontières et les hommes, mobilisés, partent à la guerre. Prisonniers ou morts, beaucoup ne reviendront pas. A Toulouse, les femmes ont pris les places laissées vacantes. Mélina, dont le mari Etienne est prisonnier, vient de donner le jour à leur enfant. Cela ne l’empêche pas de rentrer en Résistance.

Restons à l’époque de la guerre avec le très beau roman de Jérôme Attal « Les Jonquilles de Green Park », publié chez Robert Laffont. Quand commence la Bataille d’Angleterre, Tommy a juste treize ans et Londres se retrouve sous les bombes. Cela n’empêche pas les adolescents de jouer, se disputer, admirer les super-héros dont un certain Winston Churchill. Ils vivent dans leur monde, un peu en dehors de la guerre. Mais continuer de rêver à Noël et aux jonquilles du printemps, n’est-ce pas une belle manière de résister ? Ne rien changer à ce qui fait la saveur de la vie, c’est bien une réponse à toutes les barbaries, celle des Nazis comme celle, aujourd’hui, des Islamistes.

Malgré son nom catalan, Jordi Llobregat est espagnol et publie au Cherche-Midi, son premier roman « Le Huitième Livre de Vésale ». En 1888, Daniel Caralt rentre à Barcelone pour assister aux obsèques de son père, un médecin des pauvres. Il apprend que ce dernier enquêtait sur le meurtre de jeunes ouvrières. Reprenant la piste, Daniel découvre que les assassinats sont liés à un mystérieux manuscrit, œuvre de l’anatomiste du XVIe siècle, Vésale. Comme dans « L’Ombre du vent » de Carlos Ruiz Zafon, auquel ce roman se réfère objectivement, les souterrains de la ville vont révéler bien des secrets.

Chez Calmann-Lévy, l’Irlandais Peter Murphy nous propose « John l’Apocalyptique ». C’est un regard d’adolescent, coincé entre sa mère, portée sur la Bible et le tabac, et ses voisins qu’il espionne, qui fait la trame de ce roman étonnant. John regarde sans participer, mais quand le poète James Corboy débarque dans sa vie, le jeune homme quitte sa solitude pour se laisser entrainer dans un monde de petits délits et de découvertes. Jusqu’au jour où un terrible dilemme s’offre à lui.

 

JEAN-LUC  AUBARBIER.

 

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