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by • 30 janvier 2026 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur Essor Sarladais du 30 janvier 2026.14

Essor Sarladais du 30 janvier 2026.

L’Odeur de la sardine et autres polars.

Le Tour des Livres.

   Avec « L’odeur de la sardine », publié chez Fayard, le journaliste Serge Raffy nous livre un très intéressant polar sur la guerre d’Algérie et ses conséquences. Un vieil homme est assassiné à Paris, près des quais de la Seine. Il s’agit de Charles Bayard, ancien patron de la P.J. Julien Sarde, qui mène l’enquête, est un flic d’expérience, mais il va avoir bien du mal à démêler l’écheveau des pistes possibles. Crime crapuleux ? On lui a juste volé sa canne. Affaire d’état lié au travail qu’il menait en Afrique pour l’exploitation de minerai ? Vengeance liée au passé militaire de la victime, qui a été impliqué dans la guerre d’Algérie ?  Sarde rencontre Jeanne Obadia dont le grand-père Alain, soutien du FLN, a été le professeur de Bayard, puis Sébastien Rochas, un journaliste qui aidait Charles à rédiger ses mémoires. On découvre que ce dernier avait infiltré l’OAS pour le compte des Services Secrets, puis qu’il avait été proche du SAC. Il était aussi un tireur d’élite dans le commando qu’il dirigeait en Algérie. Tous les aspects de la guerre d’Algérie défilent dans ce livre : combats, tortures, OAS, terrorisme islamique. C’est aussi le roman de la mémoire, celle des victimes, des enquêteurs, des criminels. La chute finale ne manquera pas de surprendre.

En Série Noire Gallimard, la journaliste Macha Séry fait revivre un pan de l’histoire de l’espionnage avec « Patriotic School ». C’était le nom donnait à un vaste manoir victorien, au sud de Londres,  dédié à l’accueil des arrivants en Angleterre, pendant la seconde guerre mondiale. Lié au MI5, l’organisme avait pour fonction de détecter les espions du Reich qui se dissimulaient parmi les migrants venus prêter main forte au Royaume-Uni. Joseph Kessel, Jean Moulin et François Mitterrand y ont séjourné. En janvier 1941 Peter Kensington est affecté à la section « francophone ». Il rencontre Victor, un Français qui a rallié Londres en passant par Gibraltar.

Chez de Borée poche, Richard Malka, l’avocat de Charlie Hebdo publie « Tyrannie », un roman juridique contre la dictature. A Paris, Oscar Rimah attend son procès. Il a assassiné l’ambassadeur d’Aztracie, un pays (imaginaire) dirigé par un féroce dictateur, fondamentaliste religieux qui veut convertir le monde à ses convictions.  Médecin, Oscar a été persécuté par le régime, avant de se réfugier en France. Son geste est une alerte lancé à la face du monde libre. Il rappelle celui de Herschel Grynszpan, jeune Juif polonais, assassinant en 1938 le secrétaire de l’ambassade du Reich à Paris. L’auteur détaille la procédure judiciaire et le travail de l’avocat, Raphaël Constant.

Aux éditions des Monédières, Laurent Delmont nous propose un thriller à l’américaine avec « Un long serpent noir dans le désert blanc ». Beth, séquestrée et violentée par des « amis », parvient à s’échapper et se réfugie dans un petit village à la limite du désert. Le roman est un huis-clos dans ce village oublié de tous, où s’affrontent les descendants des Amérindiens et les Gringos, dans une violence latente et contenue.  Un western moderne.

                                                                Jean-Luc Aubarbier.

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