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by • 21 octobre 2016 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur ESSOR SARLADAIS du 21 octobre 2016.1494

ESSOR SARLADAIS du 21 octobre 2016.

 

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ROMANS EN REGION.

Le Tour des Livres.

 

On dit le roman « régional » mal aimé des intellectuels parisiens, pourtant cette rentrée littéraire fait la part belle à Jean-Baptiste Del Amo, avec Règne animal » paru chez Gallimard. Avec une belle écriture fouillée et travaillée, qui rappelle les premiers romans de Richard Millet ou Jean Giono, l’auteur nous fait traverser un siècle d’exploitation agricole dans le Gers. Autour de 1900, des siècles de paysannerie pèsent sur cette famille qui élève des cochons. Les liens familiaux sont rudes, basés sur l’intérêt et le travail plus que sur les sentiments. Les humains vivent et meurent parmi les animaux et un peu comme eux. Les chocs des guerres et plus encore l’industrialisation de l’agriculture vont bouleverser les rapports. Bien sur, le niveau de vie des hommes est bien supérieur en 1981 à ce qu’il était en 1900. Mais l’animal est devenu un simple produit ; on le traite mal car il doit être rentable et la crise agricole met une pression insupportable sur les paysans. Passant d’une vie intégrée à la nature à une existence financière, ont-ils gagné au change ?

Christian Signol nous revient cet automne avec un roman quercynois « Dans la paix des saisons », paru chez Albin Michel. Après un séjour à l’hôpital suite à une grave maladie, Mathieu fuit Paris pour rejoindre ses grands-parents qui l’ont élevé dans le Lot. Les retrouvailles avec des marqueurs de l’enfance : le maréchal-ferrant qui continue à forger même s’il n’a plus de clients, la sage-femme qui consacre aux plantes le temps qu’elle ne peut plus donner à des enfants absents, vont permettre au jeune homme de se ressourcer et d’entrevoir la possibilité d’un avenir qui pourrait être heureux. Un hymne à la vie magnifié par la splendeur du monde.

Chez Calmann-Lévy, Louis-Olivier Vitté nous propose la quête d’un secret avec « La statue engloutie ». Un lac artificiel alimenté par la Dordogne a noyé un village et séparé deux familles, laissant l’une en Auvergne et l’autre en Limousin. Il les a surtout laissées fâchées pour d’obscures raisons. Quand Jules Chastagnol se met à fréquenter Manette Fontcroze, cela n’arrange pas les choses. Surtout qu’une congrégation religieuse se met en tête de retrouver la statue de Sainte-Madeleine qui figurait dans l’église engloutie ; un vaste domaine sera donné à celui qui la retrouvera. Fernand Chastagnol, patriarche soupçonneux et François Fontcroze, le médecin, se mettent en quête de l’objet sacré, avec une rivalité et une haine encore accrue. Entre légende et archéologie, la statue n’est peut-être pas où on l’attend.

Chez le même éditeur, Alain Dubos situe dans les Landes, département cher à son cœur, son roman « Le dernier combat du docteur Cassagne ». Après la mort de son fils unique, Philippe Cassagne a pour seule charge l’éducation de son petit-fils autiste, Guillaume. Le vieil homme se voit achever sa vie en solitaire, dans ce pays giboyeux où il aimait chasser. Sa santé va déclinant et nombreux sont ceux qui voudrait s’emparer de sa maison en bordure de forêt. Le dernier combat du médecin sera dur, mais rien ne lui fera baisser les bras.

Aux Presses de la Cité, la journaliste Elise Fischer nous propose « Sur le fil ». En 1960, dans la prison de Nancy, Lina attend son procès sans illusion. Cette fille de cirque, suite à un accident, a mis fin à sa carrière et garde des séquelles : elle a en partie perdu la mémoire. Comment assurer sa défense face au crime dont on l’accuse. Grâce à sa visiteuse, la douce sœur Marie-Bernadette, elle ramène ses souvenirs à la surface : son enfance italienne, sa folle passion pour un danseur juif pendant la guerre, puis sa rencontre tragique avec René.

 

JEAN-LUC  AUBARBIER.

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