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by • 19 décembre 2015 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur ESSOR SARLADAIS du 18 décembre 2015.1308

ESSOR SARLADAIS du 18 décembre 2015.

PREMIER ROMAN DANS LES ARDENNES.

Le Tour des Livres.

 

C’est un brillant premier roman que nous propose Emmanuelle Pirotte avec « Today we live ! » paru au Cherche-Midi. En décembre 1944, des soldats allemands, vêtus d’uniformes américains, sont envoyés derrière les lignes pour soutenir l’offensive des Ardennes. Ce sont tous des fanatiques et Mathias ne déroge pas à la règle. Pourtant, lorsqu’il se retrouve face à Renée, une petite fille juive de 7 ans que le curé du village a confiée à ce qu’il croit  être deux GI’s, il refuse de la tuer et préfère abattre son collègue. L’Allemand, qui parle anglais parfaitement, et Renée partent ensemble en cavale, à travers la guerre, les batailles et la violence des deux camps. Dans un paysage de neige et de sang, ils vont découvrir toutes les facettes de l’humanité.

Chez Belfond, l’Australien Christos Tsiolkas nous invite à lire un roman d’apprentissage avec « Barracuda ». Né dans un milieu populaire, d’une mère grecque et d’un père irlandais, le jeune Danny Kelly est un espoir de la natation mondiale. Boursier, il intègre un prestigieux lycée sportif où il est en butte aux moqueries et au racisme de ses camarades pour qui un Grec n’est pas vraiment un Blanc. Protégé par son entraineur, il devient l’invincible Barracuda. Mais être doué ne suffit pas toujours pour réussir à être un champion. La chance, la volonté, le milieu familial jouent aussi un rôle déterminant. Il se retrouvera en Europe, à Glasgow, dans l’anonymat de la foule.

Chez Jean-Claude Lattès, Michelle Barrière poursuit ses romans historiques et gastronomiques avec « Innocent breuvage ». Alors que la guerre faire rage entre François 1er et Charles Quint, le Dauphin de France meurt subitement. Maladie ? Empoisonnement ? Les hypothèses vont bon train. Son échanson, accusé d’avoir versé de l’arsenic dans son verre, doit défendre et son honneur et sa vie. Quentin, son ami, prend sa défense et fait appel à un médecin de génie : Rabelais, pour convaincre le roi de la mort naturelle de son fils.

On pense immanquablement au film d’Alfred Hitchcock « Fenêtre sur cour » en lisant le roman de Béatrice Shalit « Je te vois » publié chez Julliard. Eva, psychanalyste regarde par la fenêtre de son cabinet les ouvriers d’un chantier. L’agitation mystérieuse de l’équipe, le grutier suspendu dans le vide, la fascinent. Mais les ouvriers regardent aussi Eva ; surtout Louis, le chef de chantier, et Pedro, le grutier. A force de regarder, elle assiste à des choses étranges, comme le passage à tabac d’un homme par des malfrats. Des univers qui n’auraient jamais du se croiser, se rencontrent et se mélangent.

Chez Autrement, l’Américaine Anna North publie « Vie et mort de Sophie Stark ». Femme-enfant inadaptée à la vie, Sophie Stark, réalisatrice de génie, transcende sa timidité quand elle est derrière une caméra. Elle ne sait parler d’amour qu’avec ses films. Aussi pousse-t-elle ses acteurs dans leurs derniers retranchements, exploitant leurs failles et leurs peurs intimes. Elle n’hésite pas à sacrifier les humains à son art. Tour à tour, ceux qui l’ont connue prennent la parole pour raconter « leur » Sophie.

 

JEAN-LUC  AUBARBIER.

couv today we live

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