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by • 13 mars 2020 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur Essor Sarladais du 13 mars 2020417

Essor Sarladais du 13 mars 2020

 Z comme Zulma.

Le Tour des Livres.

  Zulma mériterait-il le titre de meilleur éditeur de l’année 2019 ? En tout cas, nous avons choisi de chroniquer deux de ses ouvrages. Avec son style riche, fouillé et poétique, Hubert Haddad nous a livré un des meilleurs romans de la rentrée, un conte philosophique d’une stupéfiante beauté, intitulé « Un monstre et un chaos ». Ariel et Alter sont deux jumeaux vivant dans un shtetl près de Lodz, déjà en proie aux pogroms polonais avant le début de la guerre. La jeune Meryem est amoureuse d’Alter. Quand survient l’invasion allemande, toute la famille est massacrée, sauf Alter qui se réfugie dans le ghetto de Lodz dont il devient le héros. Il veut survivre à tout prix, refuse de porter l’étoile jaune, change de nom, devenant Jan Mathauza, se cache dans un théâtre de marionnettes dont les personnages ressemblent à sa propre vie. Pour sauver son peuple, Chaïm Rumkowski transforme le ghetto en un vaste atelier au service du Reich (comme on l’a vu dans « la liste de Schindler »), mais derrière les cloisons,  s’organisent la vie, la résistance et la mémoire du peuple juif chantée en yiddish, que les Nazis s’efforcent de faire disparaitre.

La romancière islandaise Audur Ava Olafsdottir a rencontré le grand public avec « Rosa Candida » (prix des Libraires 2010 – j’avais voté pour elle) et reçu, cet automne, le prix Médicis étranger pour « Miss Islande ». C’est un troisième roman, toujours chez Zulma, que je veux chroniquer aujourd’hui. « Ör » nous raconte, sans intellectualisme ni pathos, l’histoire de Jonas Ebeneser, qui, lassé de l’existence, décide de trouver le bon moyen pour mourir. Sa femme l’a quitté, sa fille l’ignore, il ne lui reste que sa passion pour le bricolage. D’ailleurs, avant de partir pour son dernier voyage, il emporte sa caisse à outils. En fait, il va découvrir plus malheureux que lui et apprendre à se rendre utile aux autres. Réparer les vivants est le meilleur moyen pour reprendre gout à l’existence.

Arnaldur Indridason est le plus connu des auteurs de thrillers islandais. Son œuvre nous permet de mieux connaitre ce petit pays volcanique embarrassé par sa gigantesque base de l’armée américaine. Edités chez Métailié, tous les romans d’Arnaldur Indridason sont excellents ; je recommande en particulier « Opération Napoléon ». Les éditions Métailié ont décidé, sous la plume d’Alexander Schwarz de publier un « Guide de l’Islande d’Indridason ». Même si vous n’effectuez pas le voyage jusqu’à l’ile lointaine, si vous êtes fan de l’auteur, vous prendrez un immense plaisir à découvrir les lieux où il situe l’action de ses romans.

Au Cherche-Midi, l’Américain Jim Fergus publie « Les Amazones », troisième volet de son magnifique « Mille femmes blanches ». En 1875, le président Grant a accepté d’échanger (de force plutôt que de gré) mille femmes contre mille chevaux à un chef Cheyenne, croyant faciliter l’intégration des Peaux-Rouges. Lorsque surviennent les guerres indiennes, ces femmes prennent le parti de leurs époux indigènes. De génération en génération, ces rebelles vont poursuivre une implacable bataille, jusqu’au combat d’aujourd’hui pour le droit des femmes à l’égalité et au respect. Juste retour des choses que nous raconte cette inoubliable épopée.

                                                                           Jean-Luc Aubarbier.

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