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by • 12 septembre 2022 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur Essor Sarladais du 9 septembre 2022.71

Essor Sarladais du 9 septembre 2022.

JEUNESSE CONFORMISTE.

Le Tour des livres.

Alberto Moravia, dans son roman « Le Conformiste », décrit un homme qui devient fasciste par désœuvrement, pour faire comme tout le monde. Cette « maladie mortelle » serait-elle à l’œuvre parmi les jeunes d’aujourd’hui ? Dans son premier roman « La Petite Menteuse », paru chez l’Iconoclaste, Pascale Robert-Diard, chroniqueuse judiciaire, nous propose un récit en forme de procès. A quinze ans, Lisa a dénoncé l’agression sexuelle dont elle a été victime. Condamné, son violeur a fait appel. L’adolescente décide de changer d’avocat et choisit Alice, car « elle préfère être défendue par une femme. » Très vite, elle confie qu’elle a menti, Marco est innocent. Il a pourtant la gueule de l’emploi, Marco. Tout le monde s’est acharné sur lui : les parents de Lisa, les professeurs du collège, les témoins qui savent tout. Lisa n’a pas été violée par Marco, mais plusieurs lycéens ont abusé d’elle. Pourquoi n’a-t-elle pas dit non ? Il fallait bien faire comme tous le monde. Menteuse, Lisa est néanmoins victime, et Alice décide de la défendre. Pascale Robert-Diard dénonce ce culte de la Vérité, souvent inaccessible, le jugement des apparences, et les adolescentes malmenées.

Thème identique pour Agnès de Clairville dans « La poupée qui fait oui », son premier roman paru chez Harper Collins. A seize ans, Arielle intègre une prestigieuse école d’ingénieur. Lors de la soirée de bizutage, pour ne pas décevoir les autres, elle accepte toutes les humiliations. Elle rêve d’un garçon, elle ne veut pas rester vierge : ils vont en profiter. Fuyant des parents rétrogrades, elle va collectionner les expériences, mais c’est elle qui est objet de collection, avec ce sexe sans joie ni amour. Elle dépérit, laisse tout tomber. Inès, sa mère, lui confie les malheurs qu’elle a vécus  à son âge : une grossesse non-désirée, la solitude, un mari imposé qu’elle n’aime pas. Faut-il croire à la sidération, qui innocente la victime, ou au fort désir de faire comme les autres ?

Avec « Ma meilleure amie », paru chez Buchet-Chastel, Fabienne Jacob traite du besoin de s’identifier à quelqu’un. Elles sont quatre étudiantes en lettres qui partagent un appartement, surnommé Campo. Sambre est leur leader, celle que l’on écoute, que l’on suit. Helga, la narratrice, est sa meilleure amie. Le jour où Sambre quitte la communauté, le collectif s’effondre. Les trois abandonnées vont se lancer dans la vie adulte, comme on saute dans le vide du haut d’une falaise.

Faire payer aux autres ses propres échecs, tel est le thème du premier roman de Bénédicte Soymier, paru chez Calmann-Lévy, « Le Mal-Epris ». Paul est un homme amer, qui mène une petite vie. Lorsque Mylène, sa jolie voisine, lui ouvre la porte de sa chambre, il croit son bonheur arrivé. Mais elle l’éconduit. Il se venge en séduisant Angélique, sa charmante et vulnérable collègue de travail. Elle traine les souvenirs d’une douloureuse adolescence ; il va la persécuter, la harceler, la frapper, établissant une relation de pervers narcissique.

                                                                             Jean-Luc  Aubarbier.

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