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by • 30 mars 2017 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur ESSOR SARLADAIS du 31 mars 20171236

ESSOR SARLADAIS du 31 mars 2017

 

EN SON ABSENCE

Le Tour des Livres.

 

Livre après livre, Armel Job s’est imposé comme l’un des romanciers belges les plus réputés. Comme sa compatriote Barbara Abel, il excelle à révéler les travers et les monstruosités des gens ordinaires, quand un évènement extérieur vient, comme un implacable destin, perturber le cours de leur vie. Avec « En son absence », publié chez Robert Laffont, c’est la disparition d’une adolescente qui va troubler tout un village. Bénédicte a disparu alors qu’elle allait prendre le bus scolaire. Fugue ? Enlèvement ? Le récent divorce de ses parents aurait-il pu inciter la jeune fille sage à prendre le large ? Julien, le conducteur du car, qui semble être attiré par Bénédicte, au point de l’inquiéter, serait-il un pédophile ? Walter, qui nie avoir pris l’adolescente en stop, pour ne pas attiser la jalousie maladive de sa femme, est-il innocent ? La rumeur enfle, les médisances vont bon train. Peu importe que Julien avoue voir dans Bénédicte la fille qu’il a perdue, et que Walter s’égare dans des mensonges sans importance. Tous semblent pris dans les mailles d’un vaste filet dont ils ne peuvent sortir indemnes.

C’est au sortir de la Libération, en Corrèze, que Jean-Paul Malaval situe son dernier roman « La Belle Etrangère », paru chez Calmann-Lévy. Des immigrés italiens, les Battistello installés depuis les années 30 dans un petit village, parviennent à acheter une propriété dont personne ne voulait. Il suffit que des étrangers s’y intéressent pour que cette terre désolée prenne une valeur inestimable. Seul Bertrand Jouve, le médecin leur fait bonne figure. Aussitôt, les soupçons pleuvent sur le notable : n’aurait-il pas pris pour maitresse Clara, une des filles Battistello, dont la beauté intrigue et dérange ? Aurait-il une dette honteuse envers les Italiens ? Les souvenirs de la guerre sont encore brûlants. Un peu de raison pourrait tout arranger, mais que peut l’intelligence, contre la haine et le racisme ?

Chez le même éditeur, l’historienne Florence Roche nous conduit dans les années Trente, sur le haut plateau du Chambon, en Auvergne, avec « La réfugiée du domaine ». Irène, une orpheline de 19 ans, est placée comme vachère dans une famille d’accueil. Sa rude vie est adoucie par la gentillesse d’une inconnue qui lui apporte des livres et veille sur elle. Irène apprend que sa bienfaitrice a purgé une lourde peine de prison. Les souvenirs remontent à la mémoire de la jeune femme : avant son abandon, elle a vécu dans cette région ; et elle est certaine que le médecin qui prétend l’avoir connu enfant, lui ment.

Frédéric Lenormand poursuit chez Jean-Claude Lattès les enquêtes philosophiques de Voltaire avec « Ne tirez pas sur le philosophe ». Un peu oublié après son exil en Lorraine, Voltaire décide de reconquérir le cœur et l’esprit des Parisiens en défendant une belle cause. En voici avec une servante, condamnée à mort pour vol. Ayant été mal pendue, elle se réveille sur la table de dissection d’un chirurgien. Voltaire doit vite l’innocenter avant qu’on ne la ramène sur l’échafaud. L’affaire va s’avérer aussi délicate que périlleuse, moitié miel, moitié arsenic.

Chez Julliard, l’humoriste Jean-Marie Gourio nous propose « Le fabuleux départ en Laponie de la famille Zoiseaux ». Monsieur Zoiseaux n’a en commun avec les volatiles que son patronyme. Pourtant, il rêve de pouvoir suivre les oies dans leur migration. Mais son ennuyeux travail au Crédit Agricole le cloue au sol. Jusqu’au jour où un inconnu lui propose de réaliser son fantasme. Jour après jour, monsieur Zoiseaux ressemble de plus en plus à une oie ; à sa femme et à ses enfants enchantés par cette métamorphose, il promet de les amener sur son dos au Pôle Nord. Une version rénovée du « Merveilleux voyage de Nils Holgersson » de Selma Lagerlöf.

 

JEAN-LUC  AUBARBIER.

 

 

 

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