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by • 23 mars 2017 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur ESSOR SARLADAIS du 24 mars 20171175

ESSOR SARLADAIS du 24 mars 2017

 

DANS L’OMBRE D’ARNALDUR INDRIDASON

Le Tour des Livres.

 

Arnaldur Indridason est obsédé par un épisode de l’histoire de son petit pays. En 1943, à la demande de son gouvernement qui craignait une attaque d’Hitler, l’Islande a été pacifiquement envahi par l’armée britannique, presque aussitôt remplacée par l’armée américaine. Aujourd’hui encore, les Etats-Unis tiennent une gigantesque base militaire sur le territoire glacé et volcanique de l’Islande. Le romancier place les intrigues de ses thrillers dans ce contexte particulier. Avec « Dans l’ombre », toujours publié chez Métailié, il revient aux sources en situant l’action au début de l’invasion. Un obscur représentant de commerce est retrouvé abattu d’une balle dans la tête, à son domicile. Le projectile est de fabrication américaine et Félix Lunder était connu pour ses sympathies nazies. Mais l’identification révèle qu’il s’agit d’un autre représentant, plutôt communiste celui-là, qui est mort dans l’appartement de son collègue. Félix serait-il le meurtrier ? Préparait-il un attentat contre Churchill qui doit visiter l’île ? S’agit-il d’une simple affaire de mœurs car Véra, l’épouse de l’homme assassiné, s’est enfuie avec un soldat britannique ? A moins qu’il ne faille aller fouiller dans les recherches pseudo-scientifiques des nazis qui avaient créé en Islande, un institut d’étude sur le ‘gène de la criminalité’. Une suite est prévue, le lecteur s’en réjouit déjà.

Chez Buchet-Chastel, Philippe Ségur dresse, dans « Extermination des cloportes »,  le portrait d’un homme qui préfère rêver son existence dans une société en crise. Don Déchine n’a que deux passions dans sa vie : sa femme Betty et l’écriture. Devenir écrivain n’est pas une sinécure quand on est un prof de lycée, harcelé par ses élèves, son voisin et le fisc. Seule solution envisagée : fuir la ville, la société, trouver refuge à la campagne. Mais il faut d’abord rencontrer la maison idéale et se débarrasser d’un appartement invendable. Toujours sans succès, mais doté d’un optimisme à toute épreuve, le couple tente l’aventure, persuadé que, bientôt, le génie de l’écriture va être reconnu à sa juste valeur.

Chez Plon, Denis Lépée nous entraine à la cour d’Anne d’Autriche avec « L’indienne et le cardinal ». En 1630, la belle et mystérieuse marquise de Rivière-Sainte-Anne débarque à Paris, en provenance directe du Québec. La noblesse est fascinée par le faste des fêtes qu’elle donne. Jusqu’au cardinal de Richelieu, qui ne dédaigne pas le beau sexe, qui s’intéresse à elle. Peut-être pour des raisons plus politiques qu’amoureuses, car le Nouveau Monde est un sujet brûlant. Au même moment, loin des splendeurs de la Cour, la cour des Miracles est agitée par une série de meurtres inexpliqués.

Avec « Les années Solex », publié chez Héloïse d’Ormesson, Emmanuelle de Boysson fait revivre les années 60, leurs charmes et leurs espoirs. En Alsace, lors d’un séjour chez ses grands-parents, avec Camille, sa cousine délurée, Juliette tombe follement amoureuse de Patrice. Leurs vacances riment avec insouciance mais, dès la rentrée, l’adolescente va devoir choisir entre son désir d’émancipation et les codes étriqués de son milieu. Echappée belle ou feu de paille, quel avenir pour son idylle ?

Chez Calmann-Lévy, la journaliste Hélène Legrais publie « Trois gouttes de sang grenat ». A Perpignan, en 1889, Auguste Laborde se consacre à son métier : l’orfèvrerie. Sa vie se transforme lorsqu’il découvre que sa boutique communique avec les salons d’une maison close. Un rien voyeur, il passe ses loisirs à observer la vie des prostituées…. jusqu’au jour où il assiste, impuissant, au meurtre de l’une d’entre elles. N’ayant pu voir le visage de l’assassin, il décide de mener lui-même l’enquête, jusque dans les milieux les plus huppés de la capitale catalane.

 

JEAN-LUC  AUBARBIER.

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