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by • 23 avril 2015 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur ESSOR SARLADAIS du 24 avril 20151871

ESSOR SARLADAIS du 24 avril 2015

couv que ta volonté soit faite

QUE TA VOLONTE SOIT FAITE.

Le Tour des Livres.

 

C’est un roman ‘américain’ que nous propose Maxime Chattam, un des grands spécialistes français du thriller, avec « Que ta volonté soit faite », publié chez Albin Michel. Dans une petite ville du Midwest, Carson Mills, poussiéreuse et rurale, le diable semble s’être invité. Le meurtre de la bibliothécaire succède à plusieurs viols, tous signés d’un coquelicot. Les soupçons se portent tout naturellement sur Jon Petersen, homme violent après avoir été enfant martyr, mais le shérif Jarvis ne peut retenir aucune preuve contre lui. Tous le village redoute ses crises de violence.  Avec cette perpétuelle colère qui l’habite, il semble être l’incarnation du Mal, et les rivalités religieuses entre luthériens et méthodistes n’arrangent rien. Pourtant, la riche famille Munroe, dont la fille Ezra s’est enfuie après avoir été agressée, est prête à payer très cher pour avoir la peau de Jon. Dans la petite ville de Carson Mills qui est un véritable personnage du roman, le Mal rode, mais peut-être pas où l’on croit.

La romancière suédoise Lena Andersson nous offre un roman tout en finesse avec « Ester ou la passion pure », publié chez Autrement. Lena est une intellectuelle discrète et heureuse, marié à un homme qui comble ses désirs. Pourtant, lorsqu’elle doit interviewer l’artiste Hugo Rask, elle en tombe amoureuse avant même de le rencontrer. C’est une cristallisation totale : « ce sentiment passe du respect dimanche, à la vénération mardi, pour virer au désir sourd jeudi, puis vendredi, à un manque douloureux. » Elle est amoureuse, mais lui reste distant, solitaire. Il semble peu doué pour le bonheur. L’amour total est totalitaire, et Lena est prête à tout pour vivre sa passion. Pourtant, ces deux êtres vont passer l’un à coté de l’autre sans vraiment se connaitre. Un fragment de discours amoureux, tiraillé entre raison et sentiment.

Ancien Grand Maître de la Grande Loge de France, Jean Verdun nous propose un roman initiatique « La Franc-Maçonne du Lubéron », aux éditions Retrouvées. Une jeune femme disparait au cœur de la belle région du Lubéron, et les francs-maçons, objets de tous les fantasmes, sont accusés. C’est l’effervescence dans les trois loges de la ville. La belle façade de la solidarité se craquelle et chacun ne joue plus que pour lui-même. Titou, le narrateur, est chargé de rapporter tout ce qui est révélé. Un récit plein de vie et de fureur, où la belle Provence est bercée par des rites multiséculaires.

Chantre de l’Auvergne, Antonin Malroux nous revient avec « Les prés refleuriront », chez Calmann-Lévy. Rivalité, jalousie et affaires d’argent sont au rendez-vous de ce duel familial, situé en 1932, à Salers. A la mort de ses parents, les Marteloup ont recueilli Line, leur nièce. Dans la ferme voisine, Sentiane a poussé son fils et sa bru a adopté Donatien, enfant de l’assistance publique. Entre les deux orphelins nait un amour solide, fortement combattu par Sentiane, qui rêve d’une alliance plus prospère. Un choix cruel approche pour le jeune Donatien.

Chez Robert Laffont, Marie de Hennezel, bien connu pour ses travaux sur la mort, nous propose un thème beaucoup plus joyeux avec « Sex and sixty ». La vie sexuelle ne s’arrête pas à soixante ans ; il semble même qu’elle soit plus épanouie et libérée que dans un âge plus jeune. Libérés des soucis de carrière, de l’éducation des enfants, les couples s’en donnent à cœur joie….. et le corps ne demande qu’à en profiter. Un message d’espoir : la vie commence à soixante ans, et l’amour reste le meilleur remède contre la mort.

Une belle biographie de notre voisin quercynois que ce « Murat, la solitude du cavalier », proposée par Vincent Haegele chez Perrin. Fils de cabaretier à La-Bastide-Fortunière (qui deviendra La-Bastide-Murat), Joachim Murat va profiter de l’ascenseur social que représente la Révolution, puis l’Empire. En épousant Caroline Bonaparte, il entre dans la famille impériale. Ses qualités militaires et son courage le font nommer maréchal ; ses relations le placent sur le trône de Naples. Compagnon de la première heure de Napoléon, il tentera maladroitement de jouer un rôle politique, mais la roublardise n’est pas son fort. Il reste un chevalier des temps anciens, un cavalier solitaire, perdu dans son époque.

 

JEAN-LUC  AUBARBIER.

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