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by • 21 novembre 2014 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur ESSOR SARLADAIS du 21 novembre 20141747

ESSOR SARLADAIS du 21 novembre 2014

couv une vie de lumière et de vent

RETOUR SUR LE CAUSSE MEJEAN.

Le Tour des Livres.

 

Dans son dernier roman « Une vie de lumière et de vent », publié chez Albin Michel, Christian Signol abandonne ses terres traditionnelles pour nous conduire sur le haut du causse Mejean, en Lozère. Dans ce lieu mythique, presqu’irréel, où la nature est rude, âpre, le romancier nous fait découvrir et aimer un solitaire, Jean Dolin, élevé par un couple de bergers violents et analphabètes. La rencontre de ce cœur simple avec un instituteur généreux va transformer sa vie : apprendre à lire, à écrire. Puis l’armée donnera à cet orphelin une famille. Mais l’Histoire est aussi impitoyable que le causse Méjean. 1940, la débâcle, le retour sur son cher plateau. L’amour de Dorine sera la lumière de son existence. Cette fille un peu simplette lui voue une passion totale. Quand il est arrêté par la Milice, alors qu’il est devenu agent de liaison pour la Résistance, elle se laisse mourir de faim. Jean Dolin va disparaitre, sans avoir laissé aucune trace d’une existence pourtant si riche. Albin Michel propose également pour Noël une édition illustrée du livre de Christian Signol « Une si belle école » : 600 photos inédites.

C’est également sur le causse Mejean que Jean-Paul Malaval, autre auteur de l’école de Brive, situe son roman polyphonique « La Retournade », édité aux Presses de la Cité. L’auteur n’hésite pas à recycler les vieilles querelles entre éleveurs et fermiers, chères aux amateurs de western (les barbelés sur la prairie), thème déjà présent dans le meurtre d’Abel par Caïn, pour nous raconter la rivalité mortelle que se vouent Combelle, un riche planteur de forêt, et Patcha, le vieux berger qui vit sur les hauteurs, près du ciel. Ecrivain en panne d’écriture, Frédéric Charme joue les arbitres un peu désabusé dans ce drame où écosystème et progrès économique s’affrontent avec des arguments frappant. Quand un terrible incendie détruit des hectares de bois, tout accuse Patcha….mais la vérité est plus complexe. Jean-Paul Malaval, qui sera présent au salon de Sarlat le 7 décembre, sort un autre roman, chez Calamnn-Levy « La Chronique des Strenquels », le destin croisé de deux familles françaises pendant l’Occupation, en Corrèze.

Michel Peyramaure, troisième auteur corrézien, nous plonge au cœur de la Renaissance italienne avec « Les Rivales », publiés chez Robert Laffont. Au sein de la famille des Borgia, deux femmes d’exception vont s’affronter pour les beaux yeux du même homme. Lucrèce, fille du pape Alexandre VI et sa belle-sœur Isabelle d’Este, sont toutes deux belles, intelligentes et cruelles. Leur rivalité amoureuse sera sans pitié.

Voisine cantalienne Marie-Hélène Lafon est probablement la romancière française la plus apte à nous faire revivre, avec finesse et sensibilité, notre passé de paysan, à nous faire aimer les humbles personnages qui ont peuplé la campagne française. Dans « Joseph », publié chez Buchet-Chastel, elle nous raconte la vie d’un ouvrier agricole dans une ferme du Cantal. « Joseph est un doux. Joseph n’est pas triste, du tout. Joseph existe par son corps, par ses gestes, par son regard ; il est témoin, il est un regardeur, et peut-être un voyeur de la vie des autres, surtout après la boisson, après les cures. Il reste au bord, il s’abstient, il pense des choses à l’abri de sa peau, tranquille, on ne le débusquera pas. »

Les éditions Albin Michel ont confié  à vingt grands cuisiniers du Périgord le soin de magnifier notre ‘produit national’ dans un livre intitulé « Le foie gras du Périgord sublimé par ses chefs ». Au fil des pages, on retrouvera le savoir-faire de Vincent Arnould (le Vieux Logis, Trémolat), Christian Borini (El Borini, Issigeac), Benoit Cohen (Le Relais de la Ganache, Saint-Astier), Pierre Corre (l’Auberge de la Truffe, Sorges), Francis Delpey (L’Espace du Sixième Sens, Périgueux), Frédéric Foucher (La Petite Borie, Sarlat), Gérard Gatinel (La Rapière, Sarlat), Lionel Lascaud (Aux Berges de la Vézère, Montignac), Philippe Latreille (La Treille, Vitrac), Vincent Laval (L’Imaginaire, Terrasson), Maxime Lebrun (Le Grand Bleue, Sarlat), Julien Lecoeur (L’Instant Délice, Sarlat), Vincent Lucas (Etincelles, Sainte-Sabine), Christine Maurence (La Taula, Périgueux), Philippe Mesuron (La Table, Cubjac), Thierry Pralong (La Ferme Saint-Louis, Périgueux), Ludovic Raymond (La Gabarre, Saint-Julien), Hervé Rodot (Le Relais de l’Ancienne Gare, Issigeac), Marie Rougier-Salvat (La Tour des Vent, Monbazillac) et Vincent Valverde (La Brasserie Sarladaise, Sarlat). L’ouvrage sera présenté lors du salon du livre de Sarlat, le 7 décembre.

JEAN-LUC AUBARBIER.

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