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by • 14 avril 2016 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur ESSOR SARLADAIS du 15 avril 20161637

ESSOR SARLADAIS du 15 avril 2016

couv une vie de paysage

 

béatrice commengé

BEATRICE COMMENGE, ECRIVAIN VOYAGEUR.

Le Tour des Livres.

 

Les écrivains voyageurs sont à la mode, qui nous font découvrir des pays et des cultures avec un style et une intrigue dignes des plus grands romans. Sylvain Teysson, Cédric Gras, après Nicolas Bouvier sont de ceux-là. La Dommoise Béatrice Commengé apporte sa musique particulière en nous faisant voyager sur les pas d’écrivains célèbres. Après Rilke, « le Paris de Modiano », ses « Voyages vers des noms magnifiques » et ses « Flâneries anachroniques », elle nous propose de redécouvrir Lawrence Durrell avec « Une vie de paysage » publié chez Verdier. Béatrice Commengé a rencontré à plusieurs reprises l’ami et disciple d’Henry Miller (dont elle a rédigé la biographie) alors qu’il achève sa vie en France, à Sommières, en Provence. La romancière visite Darjeeling, en Inde, le collège où Durrell a passé son enfance, se rend à Corfou, où il a commencé à écrire, puis à Londres, Canterbury, Kalamata en Grèce où il résida longtemps, Chypre puis Alexandrie qui lui inspira son célèbre « Quatuor d’Alexandrie ». Avec Béatrice Commengé, on découvre comment, peu à peu, l’espace dévore le temps.

La guerre civile espagnole et ses conséquences continuent d’inspirer Almudena Grandes qui nous offre, toujours chez Jean-Claude Lattès, « Les Trois Mariages de Manolita ». A 18 ans, Manolita a du mal à survivre dans un pays ruiné par la guerre. Tandis que son père et sa belle-mère sont incarcérés, elle doit s’occuper de ses quatre frères et sœurs les plus jeunes. Son frère ainé, Antonio, vit dans la clandestinité et entend poursuivre la résistance au régime franquiste. Pour aider son ainé, elle s’engage à entrer en relation avec un jeune homme emprisonné. La seule manière de le rencontrer sera de l’épouser. Le premier des trois mariages de notre héroïne.

Chez Robert Laffont, la catalane Imma Monso nous propose « Un homme de parole ». Comment garder vivant un grand sentiment amoureux après la disparition de l’être aimé ? Pendant seize ans, Comète et Lot se sont aimés d’un amour comme on n’en connait qu’un dans sa vie. Lorsqu’elle perd brutalement son compagnon, Lot conçoit un magnifique projet littéraire : maintenir par l’écriture la présence vivante de celui qui a disparu. Mais peut-on concilier l’impossible, l’oubli nécessaire pour continuer de vivre et le souvenir de ce qui fait l’essence de la vie ? Quand la littérature devient un pari métaphysique de victoire sur la mort.

Poétique, écologique, dramatique, l’Américain Ron Rash nous donne un roman magnifique avec « Le chant de la Tamassee » traduit au Seuil. Rivière protégée, à la frontière de la Géorgie et de la Caroline du Sud, la Tamassee est le cadre d’un drame quand la jeune Ruth se noie lors d’un pique-nique sur ses rives. Son corps reste coincé sous une chute et son père décide de faire détourner le cours de la rivière. Les environnementalistes s’y opposent car le cadre magique risque de perdre son label « sauvage ». Les deux camps s’affrontent violemment et le cirque médiatique se met en place. Bientôt, il ne s’agit plus de la sépulture d’une enfant, mais d’enjeux bien plus importants.

En 1945, l’étrange rencontre d’un soldat américain et d’une jeune Allemande sur fond de chute du Nazisme, tel est le thème du dernier roman de Jean-Guy Soumy « Le Soldat fantôme », paru chez Robert Laffont. Pour leurrer les Allemands, les Américains ont créé une armée fantôme, composée d’acteurs, de metteurs en scène, de décorateurs et d’éclairagistes. Leur mission : créer l’illusion que 30.000 hommes sont en manœuvres. Jeune scénariste, Steven est de ceux-là. Hanna, qui a perdu sa famille, a quitté Berlin pour se réfugier chez son oncle, au bord du Rhin. Elle n’aspire qu’à fuir ce nazi convaincu pour gagner Paris. Hanna et Steven vont se rencontrer, mais le jeune homme ne peut révéler sa mission. L’amour peut-il se construire sur un mensonge ?

 

JEAN-LUC  AUBARBIER.

 

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