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by • 13 octobre 2016 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur ESSOR SARLADAIS du 14 octobre 2016.1374

ESSOR SARLADAIS du 14 octobre 2016.

 

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LES MILLE ET UNE NUITS DE SALMAN RUSHDIE.

Le Tour des Livres.

 

Célèbre et condamné à mort par une fatwa islamique depuis la publication des « Versets sataniques », Salman Rushdie (auteur d’origine indienne mais devenu américain) nous propose un des ses romans les plus aboutis avec « Deux ans, huit mois et vingt-huit nuits » publié chez Actes Sud. Le compte y est, cela fait bien 1001 nuits (sauf pour les années bissextiles). Ce livre est un conte à portée philosophique. Tous les quelques siècles, les djinns (ces génies du monde musulmans) voient leur univers côtoyer celui des hommes ; ils prennent alors l’apparence humaine pour investir notre monde. Au XIIe siècle, Dounia, une princesse djinn s’est unie au philosophe Averroès, le sage et tolérant penseur musulman. Lorsqu’elle revient, neuf siècles plus tard, pour voir ce qu’est devenue leur descendance, elle découvre avec horreur que c’est l’islamisme radical qui est en train de triompher. Dounia décide d’éveiller chez quatre de ses rejetons, les qualités de tolérance et se donne mille-et-une nuits pour triompher du fanatisme. Un mélange de tradition et d’inventivité pour nous permettre de lire notre actualité.

Auteur l’an passé de l’excellent « Codex Botticelli », Agnès Michaux nous propose un étrange roman contemporain où fiction et réalité ne se distinguent pas : « Journée exceptionnelle du déclin de Samuel Cramer », toujours chez Belfond. Ecrivain avec des airs de Baudelaire, Samuel Cramer évolue entre un univers féminin, composé des femmes qu’il aime, déteste ou imagine, et un univers masculin composé d’amis et d’écrivains vivants et morts. Entre drogue et alcool, amour et désespoir, il veut avant tout du nouveau.

Les éditions Robert Laffont lancent à grands bruits leur collection de thrillers intitulée « La bête noire ». Fasciné par les faits divers et les grands criminels du siècle passé, Fabio M. Mitchelli dynamite les codes du thriller classique avec « Une forêt obscure ». En Amérique du Nord, deux affaires vont se télescoper. A Juneau en Alaska,, le capitaine Jake Nelson ne peut imaginer, quand on lui annonce la découverte du corps d’une adolescente prés de d’une forêt légendaire, qu’il s’agit de sa propre fille. Deux ans plus tard à Montréal, Luka Ricci tue son amant à coup de pic à glace. La jeune enquêtrice Louise Beaulieu, chargée de l’affaire, tarde à s’apercevoir qu’elle n’est qu’un pion manipulée par un tueur en série depuis le fond de se cellule. Un terrible secret, qu’il vaudrait mieux ne jamais révéler, reste enfoui sous la glace du nord.

Les éditions de la Table Ronde, ressuscite dans leur collection de poche, l’œuvre du grand auteur de polars Frédéric H Fajardie mort en 2008. Dans « La nuit des chats bottés », deux anciens militaires, Stéphan et Paul décident d’offrir à Jeanne dont ils sont amoureux, une revanche sur les humiliations qu’a subies son père. De véritables opérations de commando sont montées contre une banque, un P.M.U., une clinique, les usines Renault, le ministère des Finances et même le Sacré-Cœur de Montmartre. « Tueurs de flics » et « Polichinelle mouillé » ont été réédités dans la même collection.

Les Presses de la Cité  publient  « Journal du camp de Vittel » de l’écrivain Yitzhak Katzenelson, mort à Auschwitz en 1944. Après avoir vu sa famille massacrée en Pologne, le poète avait réussi à gagner la France avec son fils ainé. Ils sont aussitôt internés au camp de Vittel où ils servent d’otages. Katzenelson y rédige en hébreu ce texte, suspendu entre la vie et la mort, dans l’attente du dernier voyage, du dernier train. Un témoignage sur l’innommable.

 

JEAN-LUC  AUBARBIER.

 

 

 

 

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