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by • 14 avril 2017 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur ESSOR SARLADAIS du 14 avril 2017.1084

ESSOR SARLADAIS du 14 avril 2017.

 

L’an prochain à Jérusalem ou en Inde.

Le Tour des Livres.

 

C’est un petit bijou que nous proposent les éditions Zulma avec le court roman d’Hubert Haddad intitulé « Premières neiges sur Pondichéry ». Hochéa Meintzel reste traumatisé après l’attentat à Jérusalem qui a couté la vie à Samra, sa fille adoptive. Violoniste célèbre, il ne veut plus être ni Juif ni Israélien et il quitte son pays pour une tournée en Inde, dans la région de Pondichéry. Il est accueilli par la jeune Mutuswami, qui pratique la religion pacifiste des Jaïns et qui lui rappelle Samra. Puis il découvre à Fort Cochin, l’existence d’une très ancienne communauté juive qui aurait fui Jérusalem lors du siège des Babyloniens. Ils ont la peau noire, sont intégrés dans la société indienne (avec son système de caste) mais ils ne sont plus assez nombreux pour dire le Minyan. Pour que la prière une fois encore soit animée, que l’antique loi soit évoquée, Hochéa accepte d’être le dixième homme. Dans la vieille synagogue bleue, au fond du continent indien, il redécouvre qui il est. Un roman poétique, flamboyant, mêlant sensualité et mémoire, qui nous propose la musique comme liturgie universelle.

Anne Wiazemsky, la petite-fille de François Mauriac, poursuit son autobiographie avec « Un saint homme » publié chez Gallimard. On y découvre le rôle qu’a joué dans sa vie le père Deau, un religieux rencontré dans son enfance au Venezuela, avec qui elle a noué une relation affective et spirituelle. Lorsqu’elle quitte son métier d’actrice pour entrer en écriture, le père Deau, après un long périple africain, regagne Bordeaux. Les échanges seront nombreux à propos de Malagar, la propriété familiale donnée à la région, ou des sujets de romans qui tournent autour de la vie réelle d’Anne et provoquent la colère de ses proches. Jusqu’à la fin, le père Deau sera comme une ombre bienveillante sur sa vie.

Avec « Mon ciel et ma terre » publié chez Fayard, l’actrice Aure Atika nous fait découvrir une relation fusionnelle avec une mère pourtant très absente. Une mère bohème, hippie, qui vit dans l’imprévoyance d’un oiseau, a permis à la petite Aure d’être parfois la mère de sa mère, l’élément stable de la famille. Introduite dès l’enfance dans le milieu du cinéma et de la culture, son destin était aussi tout tracé, même si rien n’est facile au pays du 7e art. Le livre mélange habilement les sentiments de fragilité et de solidité, une impression de contradiction permanente d’où naitrait un équilibre.

Chez Albin Michel, Lisa Gardner, la reine du thriller psychologique, nous propose « Le Saut de l’Ange ». Une grande confusion règne dans l’esprit de Nicole qui roule comme une aveugle sur les routes du New Hampshire. Sa fille a disparu. Si les traces d’une deuxième personne sont bien confirmées dans la voiture, le mari de Nicole affirme que cette enfant n’a jamais existé ! Wyatt Foster, le policier, et Tessa Leoni, la détective privée, vont s’efforcer de faire surgir la vérité de ce cerveau perturbé, en mettant peu à peu au jour un passé qu’il aurait mieux valu laisser enfoui.

Dans la série Noire de Gallimard, le journaliste Thomas Bronnec se livre à un exercice de politique fiction avec « En pays conquis ». Les élections présidentielles, puis législatives n’ont pas permis de dégager une majorité nette. L’Elysée est à gauche et l’assemblée nationale à droite. Si Hélène Cassard, nommée à Matignon, veut gouverner, elle doit absolument s’allier avec l’extrême-droite. Dans un paysage politique en pleine déliquescence, les convictions de chacun sont mises à rude épreuve. Surtout quand le grand argentier de la campagne, François Belmont, se mêle de faire éclater les vieux clivages. Toute ressemblance avec la situation française ne saurait être un hasard.

 

JEAN-LUC  AUBARBIER.

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