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by • 13 juillet 2017 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur ESSOR SARLADAIS du 13 juillet 2017534

ESSOR SARLADAIS du 13 juillet 2017

 

NOS AMIS LES ANIMAUX.

Le Tour des Livres.

 

La place de l’animal par rapport à l’homme est un des sujets majeurs des années à venir. Dans une perspective écologique, qui remet l’homme dans sa planète (et non au-dessus, comme un dieu), le droit de tuer, de manger, de faire souffrir les animaux qui, biologiquement, diffèrent si peu de nous, devient un enjeu moral de première importance. C’est pourquoi l’ouvrage de Frédéric Lenoir, paru chez Fayard « Lettre ouverte aux animaux (et à ceux qui les aiment) » pose des questions primordiales. « On n’a pas deux cœurs, l’un pour l’homme, l’autre pour l’animal. On a du cœur ou on n’en a pas » a dit Alphonse de Lamartine. Et le philosophe de reprendre à son compte : « Nous assistons probablement, et je le souhaite de tout cœur, au passage à un stade éthique supérieur où la pensée humaniste s’émancipe de son cadre anthropocentrique pour s’étendre à tous les êtres sensibles qui peuplent la Terre. » Le problème est d’importance.. et très ancien. En Inde, les Jaïns, il y a 2500 ans, voulaient protéger toute vie. Respecter la vie, mais jusqu’où ? Dans l’Europe médiévale, les Cathares et saint François d’Assise avaient déjà proposé des réponses. Notre temps ne pourra se poursuivre sans apporter la sienne.

Didier van Cauwelaert avait fait de son chien Jules le héros d’un roman à succès. Il récidive, toujours chez Albin Michel, avec « Le retour de Jules ». Guide d’aveugle au chômage, depuis qu’Alice a retrouvé la vue, Jules s’est reconverti en chien d’assistance pour épileptiques. Il est même tombé amoureux de Victoire, sa collègue de travail. Mais voilà que, pour une raison administrative aberrante, il est condamné à mort. Rassurez-vous, ceux qui aiment les chiens vont se mobiliser pour le sauver. Mais à travers émotion et humour, Didier van Cauwelaert en profite pour refiler un coup de pied à certains humains qui le méritent bien.

Chez Belfond, Julie Barton publie « Dog Médecine », sous-titré « Comment mon chien m’a sauvé de la dépression ». A 22 ans, la jeune femme se retrouve physiquement paralysée par l’angoisse. Malgré un entourage aimant et l’intervention d’une armée de psychiatres et de psychanalystes, rien ne peut la sortir de son état d’autodestruction. Rien, sauf un chiot golden retriever nommé Bunker, qui va changer son destin en modifiant sa perception d’elle-même et des autres.

Chez City, le romancier et chroniqueur français Darren Bryte nous propose « Angry », un roman d’anticipation passionnant. Tout commence dans une petite ville des Etats-Unis, quand un chien attaque sans raison sa propriétaire. C’est une véritable épidémie, une révolte des animaux contre les humains. Paul, un vétérinaire, a recueilli Angry, un singe bonobo qui semble vouloir communiquer avec lui. Mais dans un monde frappé par la terreur, Angry s’enfuit avec un jeune autiste qui a la faculté étrange de communiquer avec les bêtes. Un terrible thriller qui nous interroge : et si le rapport entre l’homme et l’animal s’inversait, si l’homme devait renégocier sa place sur la planète ?

Rappelons deux titres déjà chroniqués dans les colonnes de l’Essor Sarladais, récompensés par des prix littéraires fort mérités. Chez Rivage, Stéphanie Hochet a obtenu le prix Printemps pour « L’animal et son biographe » qui pose de manière radicale le rapport de l’homme à son animalité. Chez Gallimard, Jean-Baptiste Del Amo a obtenu le prix du Livre Inter pour « Règne animal », l’histoire d’une exploitation de cochons dans le Gers à travers le XXe siècle et la relation modifiée de l’éleveur et de l’animal élevé.

 

JEAN-LUC AUBARBIER.

 

 

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