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by • 14 mai 2017 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur ESSOR SARLADAIS du 12 mai 2017.741

ESSOR SARLADAIS du 12 mai 2017.

 

 

 

 

MILLEVACHES A LA MANIERE DE JEAN GIONO.

Le Tour des Livres.

 

Après avoir lu avec enthousiasme « Grossir le ciel », je me suis procuré, toujours en collection de Poche, « Plateau » de Franck Bouysse, initialement édité à La Manufacture de Livres. L’auteur limousin nous emmène sur un plateau des Millevaches qu’il sait rendre magique : « Cet endroit, on s’y jette avec dévotion. On s’y perd, aussi, guidé par l’instinct, quelque chose de sacré » Ainsi commence ce roman étrange, qui emprunte à Jean Giono ce pouvoir d’enchantement des lieux. La vie est partout ; elle ruisselle, souterraine, menaçante. Les hommes y sont perdus, aussi rares que dans un Sahara. Virgile, le vieux fermier, veille sur Judith sa femme malade. Il ne reçoit de visite que de Karl, un voisin bizarre, armé, débarqué de nulle part. Georges, son neveu, qu’il a recueilli après la mort de ses parents, préfère vivre comme un sauvage dans une caravane. Il y a aussi un inquiétant chasseur qui rode et dont on ne sait rien. Mais un jour, Cory, la nièce de Judith, débarque pour fuir un époux violent. A sa vue, Georges s’éveille à la vie ; c’est comme un regain, une deuxième chance. Mais le plateau est aussi un piège : il y a ceux qui ne peuvent s’y habituer, et ceux qui ne peuvent en partir.

La traduction d’une nouvelle œuvre d’Haruki Murakami est toujours un évènement. « Des hommes sans femmes » est un recueil de sept nouvelles publié chez Belfond. Elles explorent le thème de la solitude et de la place des femmes dans la vie des hommes. Chacun des héros traverse des moments fugaces de son existence, porté par une musique. Les Beatles donnent le titre des deux premiers récits. Dans « Drive my car », un acteur dialogue avec la femme qu’il a engagé comme chauffeur. Il revient sur les grands moments de son existence, avec sa femme disparue, aimée et infidèle, et se demande si sa vie n’est pas une comédie qu’il s’obstine à jouer. Dans « Yesterday », Kitaru évoque la difficulté d’aimer qui l’habite depuis ses années d’étudiant. La dernière nouvelle, qui donne son titre au recueil, nous dit que perdre une femme, c’est les perdre toutes.

A La Table Ronde, Jérôme Leroy nous propose « Un peu tard dans la saison ». Un phénomène inexpliqué s’empare d’une partie de la population mondiale. Nommé l’Eclipse, il consiste à tout laisser tomber du jour au lendemain, travail, famille, et à disparaître. Tandis que le monde sombre dans le chaos, entre crise économique et terrorisme, Guillaume Trimbert, écrivain en bout de course, est lui aussi, sans le savoir, candidat à l’Eclipse. Dix-sept ans plus tard, dans le Gers, pays du bonheur, une nouvelle civilisation voit le jour, nommée la Douceur. Jérôme et Agnès, qui l’espionnait pour le compte des services secrets, s’y retrouvent.

C’est également le chaos du monde qui sert de toile de fond au roman de la journaliste Jennifer Murzeau, « La Désobéissante », publié chez Robert Laffont. Bulle découvre, catastrophée, qu’elle est enceinte. Comment oser donner le jour à un enfant dans un univers dévoré par le chômage et la violence ? Pourtant, elle choisit de le garder ; c’est la voix de la résistance. Un roman qui se veut une célébration du libre-arbitre.

Aux Presses de la Cité, Lyliane Mosca publie « Les Amants de Maulnes ». Entre 1945 et 1965, en Bourgogne, Rachel et sa fille Jeannette vivent en lisière du bois de Maulnes. Rachel, un peu sorcière, un peu guérisseuse, exerce un étrange pouvoir sur sa fille. Lorsque Jeannette épouse Maxime, son filleul de guerre, ce dernier ressent une extrême et dangereuse attirance pour sa belle-mère. Un roman sur lequel pèsent de lourds secrets familiaux.

 

JEAN-LUC AUBARBIER.

 

 

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