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by • 12 juillet 2015 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur ESSOR SARLADAIS du 10 juillet 2015.1601

ESSOR SARLADAIS du 10 juillet 2015.

couv un roman anglais

LE ROMAN ANGLAIS DE STEPHANIE HOCHET.

Le Tour des Livres.

 

Spécialiste de la littérature anglaise qu’elle a enseignée, Stéphanie Hochet se pose en émule de Virginia Woolf avec « Un roman anglais », publié chez Rivages. Fuyant les bombardements de Londres en 1917, Anna s’est réfugiée avec les siens dans la campagne anglaise. Son époux, Edward, gagne la capitale tous les jours pour son travail. Pour pouvoir se consacrer à son métier de traductrice,  Anna fait paraitre une annonce pour trouver une garde d’enfant. Lorsque George se présente, elle constate que c’est un homme.. et elle l’embauche. Le ressort du roman est la transformation brutale de la société anglaise : les hommes sont à la guerre, les femmes à l’usine ; les suffragettes manifestent pour le droit de vote. Un homme qui n’est pas mobilisé est-il vraiment un homme ? George créé un lien particulier avec le petit garçon de deux ans, prénommé Jack. Anna est sous le charme ; Edward est jaloux et inquiet. Une interrogation habile sur le thème du genre, rédigée dans un style élégant… so british.

C’est au même conflit de 14-18 que l’écrivain serbe Aleksandar Gatalica a consacré sa fresque romanesque « A la guerre comme à la guerre », publié chez Belfond. 80 personnages se croisent et s’affrontent dans une œuvre que l’on peut qualifier d’exploit littéraire. « Il y aura une guerre, une grande guerre » aurait prononcé l’archiduc François-Ferdinand avant de rendre son dernier soupir. On passe de Cocteau à Paris, désireux de combattre, à la famille turque de Mehmed Yildiz décimée par le conflit. Les scènes changent : un opéra berlinois, un cabaret londonien, le palais du tsar, les villages arméniens, les tranchées…. Une force obscure s’abat sur le monde.

Changeons de paysage et de conflit avec « Une saison de granit » de Florian Ferrier, chez Plon. Son lycée ayant été détruit par un bombardement, Léonie regagne son ile bretonne de Sainte-Kristen, en 1943. Elle y retrouve sa mère, la belle patronne du bistrot ‘Le goéland qui fume’, qui déteste depuis toujours sa fille, son père, mutilé de la Grande Guerre, et des Allemands qui occupent la place. Un soir, elle recueille un aviateur anglais dont l’avion a été abattu. Elle qui connait l’ile dans ses moindres recoins, va cacher le fugitif, au péril de sa vie. Peu à peu, un douloureux secret de famille se fait jour.

Chez Jean-Claude Lattès, l’Italien Valério Manfredi nous donne une nouvelle version de l’Odyssée avec « Odysseus, le Retour d’Ulysse ». Après dix années de guerre, il faudra dix années de voyage à Ulysse pour regagner Ithaque. Le romancier revisite avec talent un des grands textes fondateurs de l’humanité…. On le redécouvre avec un plaisir non dissimulé.

Chez Fleuve Noir, la Britannique Renée Knight nous propose un thriller à travers un livre avec « Révélée ». Un livre a été déposé dans la boite aux lettres de Catherine. Sans cachet de la poste ni message d’accompagnement. Depuis qu’elle l’a commencé, la jeune femme est stupéfaite et terrorisée : c’est sa vie qu’elle lit, révélée sur papier par un inconnu, un certain E.J. Preston qui sait tout d’elle. Même son secret le mieux enfoui.

Marseille est la vedette du thriller de Dominique Manotti « Or Noir », publié en Série Noire chez Gallimard. En 1973, le jeune commissaire Daquin prend son poste au commissariat de l’Evêché… et découvre une ville ensanglantée par les règlements de comptes, une guerre des polices solidement entretenue et une cité parcourue de réseaux influents, du SAC aux francs-maçons. Le policier enquête sur l’assassinat d’un ancien caïd de la drogue et de son associé, ex membre des services secrets. Les requins les plus dangereux ne nagent pas dans la mer…

 

JEAN-LUC  AUBARBIER.

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