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by • 19 septembre 2021 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur Essor Sarladais su 17 septembre 2021.84

Essor Sarladais su 17 septembre 2021.

La définition du bonheur de Catherine Cusset.

Le Tour des livres.

Habituée de la rentrée littéraire, Catherine Cusset (Une éducation catholique, Mémoires d’une radine) publie chez Gallimard, un joli roman intitulé « La Définition du Bonheur ». Elles sont deux amies liées par un secret et une blessure. Violée par son premier flirt, Clarisse vit une existence fragmentée. Elle veut dévorer la vie, sans se soucier de continuité, mais elle paye toujours très cher ses erreurs. Passionnée d’Asie, elle partage la vie des hippies, avant de se fixer à Paris. Elle souffre d’un syndrome d’abandon, ne garde personne auprès d’elle. Eve, adoptée par le mari de sa mère, cherche la sécurité. Elle aime profondément Paul, son époux. Elle construit sa vie mais aspire aussi à plus de déraison. Ils vivent à New York. Leur destin s’entrelace, elles se rencontrent, se séparent, s’apprécient et se disputent. En fait, elles sont minées par une peur identique. Dans leurs différences, elles se ressemblent ; on ne découvrira pourquoi qu’en fin de lecture. Un des bons romans de cette rentrée littéraire.

Akli Tadjer (Le porteur de cartable, Il était une fois, peut-être pas) est un romancier dont la tendresse et l’humanisme me font craquer. Dans « D’amour et de guerre », publié aux Escales, il raconte la quête éperdue d’amour et de liberté d’un jeune kabyle, dans un monde devenu fou. En 1939, dans les montagnes de Kabylie, Adam n’aspire qu’au bonheur avec Zina. Il ne veut rien savoir des orages qui éclatent dans la lointaine Europe. Quand il reçoit sa feuille de route, il refuse d’être enrôlé dans l’armée française. Il a vu son père mourir des suites des blessures reçues dans les tranchées. Repris, mobilisé de force, il est envoyé sur le front et fait prisonnier. Dans son camp, il fait la connaissance avec le racisme des nazis qui fusillent systématiquement les captifs noirs. Avec deux amis, Samuel et Tarik, il s’évade et rejoint Paris où la Grande Mosquée lui procure de faux papiers. Samuel, qui ne veut pas renier sa religion juive, est arrêté. Tarik rejoint les musulmans pronazis de Mohamed El Maadi. Adam fait du marché noir et veut poursuivre son rêve. 

Les éditions de La Table Ronde (qu’il a dirigée) rééditent le premier roman de Denis Tillinac « Spleen en Corrèze ». Localier à Tulle, son premier métier, il déprime entre ses aspirations littéraires et la médiocrité de son quotidien. Mais il ne renie jamais son amour pour Auriac, son village natal. Déjà, en 1979, il avait cette élégance de style qu’il ne perdra jamais, et ce petit côté réac et râleur qu’on aimait bien. Tout correspondant de presse se doit de lire cet ouvrage où l’on voit l’auteur, disparu en 2020, inventer des faits divers quand il en manque, et décrire ses contemporains avec un humour féroce.

C’est du Québec que nous vient Maureen Martineau ; elle publie, aux éditions de l’Aube « Le Silence des bois ». Deux femmes, la mère et la fille, descendent du train à Rapide-Blanc. La police les soupçonne de venir braconner. Mais c’est à un autre type de chasse qu’elles ont l’intention de pratiquer. Avec la jeune Lorie, venue se recueillir sur les bords du lac où sa mère a été assassinée, elles partent pour un sombre destin.

                                                                               Jean-Luc Aubarbier.

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