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by • 9 septembre 2016 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur ESSOR SARLADAIS du 9 septembre 20161198

ESSOR SARLADAIS du 9 septembre 2016

 

couv l'archipel d'une autre vie

 

 

DU GOULAG AU BOUT DU MONDE.

Le Tour des Livres.

 

Avec la rentrée littéraire, l’académicien Andreï Makine nous propose un roman d’une extrême finesse « L’archipel d’une autre vie », paru chez Seuil. Le narrateur, né au Goulag où ses parents sont morts, rencontre dans une forêt à l’extrémité orientale de la Sibérie, un homme étrange qui lui raconte sa vie. Pavel est soldat en 1951 quand il lui est confié une mission qui va bouleverser sa vie. Avec cinq camarades, il est chargé de la traque d’un prisonnier évadé du Goulag. La fraternité qui unit les hommes perdus dans l’immensité sibérienne est mise à mal par la suspicion de Louskas, homme ambitieux qui veut faire respecter à la lettre des instructions de Staline. Quand à l’évadée, qui va se révéler être une femme toungouse, parfaitement adaptée à ce milieu naturel hostile, elle semble étrangement attendre ses poursuivants, tout en les maintenant à distance à coups de fusil. Peu à peu, elle les entraine dans un univers de plus en plus étrange, vers l’est, vers l’archipel des Chantars, au large de la Russie. De ce voyage initiatique qui révèle les hommes véritables, personne ne reviendra indemne. « Cette nuit-là – je le comprendrais plus tard – nous étions au plus près de ce qu’il y avait en nous de meilleur ». Quitter le monde stalinien, l’archipel du Goulag, pour une autre vie va s’avérer un choix difficile.

Chez Jean-Claude Lattès, la romancière Nahal Tajadod, d’origine iranienne, nous propose le portrait d’une femme étonnante avec « Les simples prétextes du bonheur ».  Ancienne égérie des artistes, Cécile Renan se voit menacée par la maladie. Elle rencontre un homme étrange, un médecin venu d’Iran qui semble la soigner miraculeusement. Pour le retrouver, elle s’aventure dans le quartier iranien de Paris, noue des relations fortes avec un épicier et sa famille dont la philosophie de vie va la révéler à elle-même. Jusqu’au voyage final.

Chez le même éditeur, Arnaud Friedmann publie un recueil de nouvelles intitulé « La vie secrète du fonctionnaire ». Les dix textes mettent en scène des salariés de la fonction publique dans leur univers quotidien sclérosant, la surenchère des règlementations et l’obsession statistique de la hiérarchie. Parfois, à l’occasion d’une rencontre, ils osent briser la routine. Avec sympathie et humour, l’auteur nous interroge sur ce monde du travail où la protection n’empêche pas le stress et la déshumanisation.

Chez Métaillé, le Mexicain Enrique Serna nous donne « La Double Vie de Jésus », roman baroque à l’humour ravageur. Jésus Pastrana, fonctionnaire à la mairie de Cuernavaca, est un homme incorruptible, à l’honnêteté rigoureuse. Ses ami ont surnommé « le sacristain » cet homme qui tente d’appliquer dans la vie quotidienne ses idéaux de justice et d’égalité. Mais le monde ne va pas comme il faut, surtout au Mexique où les narcotrafiquants ont vite mis la main sur la cité. Jésus va-t-il pouvoir survivre dans cet enfer ? Sa lumière, son espoir, il les trouve dans l’amour, mais il s’agit d’un amour interdit et scandaleux.

Le romancier Pierre Assouline publie dans la célèbre collection des éditions Plon le « Dictionnaire amoureux des Ecrivains et de la Littérature. » Rien de tel pour se faire des ennemis, affirme-t-il. Il est vrai que tous ne gagnent pas à être connus, et que certains y gagnent surtout en mystère. Pierre Assouline revendique le droit à l’arbitraire dans ses choix, mais toujours pour la plus grande gloire de la littérature.

 

JEAN-LUC  AUBARBIER.

 

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