MENU

by • 13 janvier 2014 • Mes chroniques littérairesComments (0)1630

Essor sarladais du 6 12 2013

L’INVENTION DE NOS VIES.

Le Tour des Livres.

Ils étaient deux amis qui aimaient la même femme. A partir de ce thème classique, Karine Tuil pose dans son dernier roman « L’invention de nos vies », publié chez Grasset, le problème de l’identité par rapport au passé et à la culture. Sam Tahar a réussi sa vie. Ce brillant avocat a su séduire le tout New York et épouser la fille de son bienfaiteur. A des milliers de kilomètres de là, son ami d’enfance, Samuel, fils d’intellectuels juifs, se morfond à Clichy-sous-bois. Ecrivain raté, il enseigne avec ennui dans un lycée de banlieue. Vingt ans plus tôt, ils fréquentaient la même fac, et aimaient la même fille. Mais, tandis que Sam partait à la conquête du monde,  Samuel a su conquérir, en l’apitoyant, la sublime Nina, handicapée par sa beauté. La couverture d’un magazine révèle la supercherie : Samir, d’origine arabe, a ‘emprunté’ le passé de son ami juif pour se faire embaucher dans un célèbre cabinet d’avocats new yorkais. Leurs destins vont se croiser. Tandis que Samuel rencontre enfin la gloire littéraire, Samir est arrêté par la CIA, à cause de son frère djihadiste. Mais Nina va encore une fois choisir le camp du vaincu.

Chez Jean-Claude Lattès, le tout jeune Arthur Loustalot nous propose un déchirant huis-clos avec « La Ruche ». Dans un appartement où tout semble désormais réglé par un rituel précis, Alice vit avec ses trois filles adolescentes. Depuis le départ de son mari, elle sombre peu à peu dans la folie. Porte ouverte, porte fermée, mot caché, parole perdue, leur univers ressemble à un conte de fées triste. Des clivages se font entre la mère et les trois filles ; entre les deux ainées, Marion et Claire, et la benjamine, Louise. Malgré la violence de son mari, Alice souffre d’une absence plus violente encore. Elle veut mourir, boit, s’empoisonne, soutenue à bout de bras par ses trois filles.

Les éditions Calmann-Lévy nous proposent « Enfants des fleurs » de la romancière chinoise Hong Ying. Un poème chinois compare l’amour maternel au fil qu’une mère utilise pour coudre les vêtements de ses enfants. Rien, ni le temps, ni l’espace, ne peut le rompre. La narratrice, qui vient de perdre sa mère, a découvert trop tard cette sublime vérité. Elle qui a si peur de la vie, se remémore les conseils reçus tout au long de son enfance, comme un précieux trésor à utiliser quand sa mère ne serait plus là. Un roman puissant et allégorique, qui allie tradition et modernité.

Steve Berry est un maitre incontesté du thriller historique et ésotérique. Avec « Le secret des rois », paru au Cherche-Midi, il nous renvoie sous le règne d’Henry VIII d’Angleterre, le Barbe-Bleue aux six épouses. Sur son lit de mort, en 1547, il confie à la dernière d’entre-elles, Catherine Parr, un inestimable secret. De nos jours, à Londres, une série de vols dans les archives historiques du pays, suivi de la profanation de la crypte de la chapelle royale de Windsor, attirent l’attention de Cotton Malone. Un mystérieux manuscrit révèle le secret des Tudor, mais il faudra décrypter l’histoire de l’Angleterre, des Dominicains aux Templiers, pour en découvrir le sens.

Restons dans le domaine du thriller avec le Canadien Linwood Barclay qui signe, chez Belfond, « Mauvais garçons ». On y retrouve Zack Walker, le héros angoissé et gaffeur de « Mauvais pas ». Lui qui applique à chaque acte de sa vie la théorie du complot et voie le mal partout, se retrouve confronté à celui qui terrorise la ville, Willy ‘Barbie’ Bullock, connu pour ses méthodes expéditives … et sa collection de poupées. Le combat semble déséquilibré, mais un père de famille qui craint pour les siens n’est-il pas capable de tout ?

Chez Dervy, Joël Gregogna  et Manuel Picaud nous proposent un magnifique ouvrage « Bande dessinée, imaginaire et franc-maçonnerie ». L’ésotérisme n’a pas seulement envahi le roman ; on le retrouve bien caché au hasard des cases des albums de bandes dessinées. Le dessin de prête particulièrement bien à évoquer l’univers de la franc-maçonnerie et sa forêt de symboles. Depuis Hugo Pratt et ses « fables de Venise » jusqu’au « Triangle secret » de Didier Convard et, plus récemment, l’adaptation du « Rituel de l’ombre » de Giacometti et Ravenne. Mais il en existe beaucoup d’autres et les auteurs, spécialistes du sujet, nous entraine sur les traces des templiers et du Grand Architecte de l’Univers.

 

JEAN-LUC  AUBARBIER.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.