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by • 7 juillet 2019 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur Essor Sarladais du 5 juillet 2019202

Essor Sarladais du 5 juillet 2019

 

Drôle de famille.

Le Tour des Livres.

 

Comme à son habitude, Philippe Djian nous fait rencontrer un groupe d’individus atypiques dans son dernier roman, paru chez Gallimard, « Les inéquitables ». Après avoir vu son mari Patrick abattu devant elle, Diana, jolie quinquagénaire, décide d’héberger Marc, son jeune beau-frère, dealer occasionnel avec Joël, le frère de Diana. Marc veille jalousement sur sa belle-sœur, légèrement suicidaire,  dont il est amoureux. Elle le considère surtout comme un gamin et s’offre, de temps en temps, une aventure sexuelle avec Serge, le fils du maire. Le drame semble poursuivre la famille quand Brigitte, la femme de Joël, est étranglée par son mari. Un accident, affirme-t-il. Tous vont essayer de dissimuler l’affaire (surtout aux yeux de Serge, indicateur de police). Le corps est conduit au large et englouti en mer. Peu à peu, le vrai visage de Joël va se révéler. Les couples se trahissent, les amitiés se défont, des sentiments apparaissent au gré de ce roman où l’on ne s’ennuie jamais.

Chez le même éditeur, Marc Dugain  nous propose un roman d’anticipation avec « Transparence ». En 2060, les humains pensent avoir vaincu la mort. La narratrice, présidente de la société Transparence, est accusée d’avoir orchestré son propre assassinat. Elle démontre qu’elle est parvenue à supprimer le corps, tout en faisant vivre son cerveau dans un corps artificiel. Mais l’immortalité est-elle un cadeau pour l’homme ? Dans un monde ravagé par les crises écologiques et migratoires, un tel pouvoir, possédé par quelques uns, peut s’avérer dévastateur. En toile de fond, Marc Dugain pose la question philosophique : sommes-nous notre corps ? Sinon, la notion d’âme ne s’impose-t-elle pas ?

Les romans d’Ephad fleurissent au fur et à mesure que la population vieillit. Dans ces colonnes, nous avions chroniqué l’excellent livre de Delphine de Vigan « Les Gratitudes ». Même univers pour Marc Roger et son roman « Grégoire et le vieux libraire » paru chez Albin Michel. Adolescent déclassé, Grégoire travaille dans une maison de retraite. Un jour, il fait la connaissance de monsieur Picquier, un ancien libraire, qui le prend en amitié. Le vieil homme lui propose de devenir son lecteur (car le grand âge le prive de ce plaisir). Réticent, Grégoire va progressivement tomber sous le charme de Salinger, puis de Maupassant. Ensuite, il lit pour toute la collectivité. Ce roman de la transmission s’achève, comme tous les romans d’Ephad, par la mort du libraire et l’émancipation du jeune homme.

Les éditions Buchet-Chastel nous régalent en publiant le roman de Régis Rivald « Les gens de la Clairière ». La Clairière, c’est une maison isolée dans la forêt, une maison de vacances où douze personnes vont se retrouver enfermées pendant six jours. Douze personnes de la ville, venues retrouver le charme avec la nature, et qui vont, progressivement, perdre tout contact avec la civilisation. En six jours, c’est toute l’histoire de l’humanité, depuis la nuit des temps, qui va se révéler au sein du groupe qui va s’inventer des rites, des chants, des croyances. Jusqu’au septième jour…

 

Jean-Luc Aubarbier.

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