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by • 4 avril 2024 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur Essor Sarladais du 5 avril 2024.223

Essor Sarladais du 5 avril 2024.

Psychologie, sociologie et roman noir.

Le Tour des livres.

Spécialiste du roman psychologique et des héros naïfs, emportés par les circonstances, Armel Job renoue avec le polar (mais l’a-t-il vraiment quitté ?) avec « Le Passager d’Amercoeur » paru chez Robert Laffont. Le corps sans vie de Grâce Modave est retrouvé sans vie au pied d’un ravin qui borde sa demeure. Tout laisse penser à un suicide. Momo, son époux, est un homme sans histoire, amateur de football et riche propriétaire d’un magasin de chaussures à Liège. Pourtant des zones d’ombre persistent : un alibi contestable, le suicide, au même endroit, de la maitresse de Momo, quelques années auparavant, et surtout, ce mot prononcé par Laetitia, sœur de la défunte : « assassin ! ». Les gendarmes poursuivent leur enquête, tout comme Adrien Dumont, professeur féru de celtisme, qui a découvert le corps. Très vite, il apparait que la mère adoptive de Momo, la belle Céleste, n’est pas mécontente de ce trépas, elle qui n’a jamais accepté que son fils lui échappe.  Mais l’on n’imagine pas une vielle dame un peu impotente pousser Grâce par-dessus la rambarde. Alors, où est le mystère ? Ce roman m’a fait penser au thème du « Cercle rouge », le film de Melville, une histoire où, immanquablement, des personnages que rien ne poussait à se rencontrer, vont entrer dans le cercle infernal.

Auteur de quatre polars aux éditions du Masque, Cyrille Legendre vient de s’installer à Sarlat. J’ai lu pour vous son dernier titre : « Juste une intuition » (prix du roman d’aventure). Universitaire reconnu, Eric Bastogne est accusé d’avoir massacré sa jeune maitresse, Justine, qui était aussi son élève. Au bout d’un procès éprouvant, il est acquitté mais les deux années  de prison préventive l’ont brisé. « La lourde porte verte se referma derrière lui. Il était enfin dehors. Pourtant il se sentait plus que jamais prisonnier d’une vie qui n’avait plus aucun sens. Il avait tout perdu. » En prison, on ne pense pas, on souffre. Son principal accusateur, Etienne Mougins, prototype du flic tenace, est persuadé de sa culpabilité et va tout faire pour le renvoyer en taule. Les deux ennemis vont devoir collaborer pour faire éclater la vérité. Le point commun de tous les personnages est l’orgueil, cet hybris grec qui pousse les hommes à ne pas rester à leur place. L’orgueil ronge et perd la plupart des intervenants de cette histoire.

Le régicide n’est pas qu’une affaire française ; là aussi les Anglais avaient tiré les premiers. C’est le thème de l’excellent polar historique de Robert Harris, publié chez Belfond et intitulé « Les Régicides ». Punir les signataires de la condamnation à mort de Charles 1° est la tâche que s’est donnée Richard Nayler, alors que la dictature protestante de Cromwell vient juste d’être renversée. Nayler veut particulièrement la peau des colonels Whalley et Goffe, qui ont causé la mort de son épouse. Les deux criminels se sont réfugiés à Boston, en cette année 1660. Mais l’océan atlantique ne suffira pas à arrêter la vengeance.

Polar historique également pour Steve Berry avec « Malone » publié au Cherche-Midi. Cotton Malone, le héros récurrent de l’auteur, se rend à Haïti pour enquêter sur la mort de son beau-frère. Ce dernier venait de retrouver l’épave de la Santa Maria, le navire amiral de Christophe Colomb. Mais c’est un autre trésor, celui des Nazis, qu’il va trouver sur sa route.

                                                                          Jean-Luc  Aubarbier.

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