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by • 1 juin 2019 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur Essor Sarladais du 31 mai 201991

Essor Sarladais du 31 mai 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les deux sœurs de David Foenkinos.

Le tour des livres.

 

Après « Les sœurs de Biscarrosse » de Corinne Javelaud, le thème de la sororité cher à Anton Tchekhov revient avec David Foenkinos qui nous propose « Deux sœurs », chez Gallimard. Etienne décide brutalement de quitter Mathilde. La jeune femme vit très mal cette séparation dont elle découvre peu à peu la trahison. Les mensonges, l’humiliation, ravagent son esprit. Elle ne se supporte plus et finit par accepter la proposition de sa sœur Agathe, qui vit dans un petit appartement avec son mari Frédéric et leur fille Lili. Elle intègre le cocon familial. Un équilibre semble se trouver ; Mathilde, qui ne peut plus travailler, s’occupe beaucoup de Lili. Mais peu à peu, une jalousie toute shakespearienne la ronge. Ce bonheur affiché par sa sœur la renvoie à ses échecs. Tout ne peut pas être bien pour Agathe, et nul pour elle. Une noire rancœur habite Mathilde, et des idées de plus en plus néfastes. Et si elle aidait un peu le destin à faire chuter la belle vie de sa sœur ?

Chez Fayard, Christophe Demurger nous propose une autre histoire de jalousie avec « Rage ». La société feint d’encenser les doux, les aimables, pour admirer en fait les caïds, les conquérants. Raphaël est un homme lisse, sans histoire, un de ces êtres que l’on ne remarque jamais. Il souffre en secret de cette médiocrité. Au hasard d’une manifestation, il retrouve Serge, celui qui était le héros du lycée, le meneur dont toutes les filles étaient amoureuses, et notamment Bérénice dont Raphaël était épris. Serge était son ami, mais, en secret, il le jalousait. Raphaël décide de ne plus quitter Serge, de vivre, à quarante ans, tout ce qu’il a raté à vingt. Mais peut-on, sur le tard, devenir un aventurier, un type louche, un oiseau de nuit ? Le passé de Serge, comparé au sien, finit par lui paraitre bien peu enviable.

Edouard Brasey aime les romans de genre, l’univers fantastique, les sagas. Dans « Les eaux douces d’Europe », paru chez Ramsay, il nous révèle son goût du voyage et du mystère, avec des accents poétiques qui nous remuent jusqu’au plus profond de notre être. Nous sommes à Istanbul, cette cité qui regarde à la fois l’orient et l’occident, comme le dieu Janus des anciens. Le narrateur, qui traine sa mélancolie, suite à un deuil et un divorce aussi douloureux l’un que l’autre, choisit l’hiver rude de la mer Noire pour visiter la cité byzantine. Il suit un vieillard excentrique, qui disparait comme par magie. D’autres silhouettes fantomatiques se lèvent dans cette rue sans nom qu’il baptise ‘rue de l’Oubli’. Et peu à peu, sa propre histoire le rattrape : un père qu’il n’a pas connu, des blessures plus anciennes : les révélations d’Istanbul.

C’est au sud, aux Canaries, que nous entraine le Danois Thomas Rydahl avec « Les disparus de Fuerteventura » aux éditions Belfond. Fuerteventura est l’ile la plus proche du continent africain, celle qui reçoit les migrants en fuite. Sur l’ile vit un détective privé danois, Erhard Jorgensen, une sorte d’ermite asocial retiré au soleil. Lorsqu’Aissata, une réfugiée malienne, lui demande de retrouver son mari disparu, il pense à une enquête classique, une histoire d’infidélité. Mais son travail va le mener au cœur de la corruption et de la violence liées à l’immigration clandestine.

 

Jean-Luc  Aubarbier.

 

 

 

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