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by • 29 septembre 2016 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur ESSOR SARLADAIS du 30 septembre 20161002

ESSOR SARLADAIS du 30 septembre 2016

 

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LE JUDAS D’AMOS OZ.

Le Tour des Livres.

 

Le grand romancier israélien Amos Oz publie aux éditions Gallimard, à l’occasion de la rentrée littéraire, un roman dont on va beaucoup parler : « Judas ». En 1959, à Jérusalem (dont la vieille ville, capitale des trois religions du livre, a été conquise militairement par la Jordanie en 1948 et reste interdite aux Juifs), le jeune Shmuel Asch  traine sa misère. Pour gagner quelques sous, il accepte d’être le garçon de compagnie d’un vieillard infirme et cultivé nommé Wald. En parallèle, Shmuel poursuit son étude sur le personnage de Jésus vu par les Juifs. Pourquoi cet homme (qui ne revendique aucune divinité dans ses propos) à la sagesse toute juive, qui affirmait n’être pas venu pour abolir la Loi, mais pour l’accomplir, a-t-il été rejeté et moqué par les rédacteurs du Talmud ? Wald dont le fils a été tué lors de la guerre de libération qui a donné le jour à l’état d’Israël en 1948, vit avec sa belle-fille, Atalia, dont Shmuel tombe amoureux. Les discussions sont vives entre le jeune homme curieux, le vieillard sceptique et la jeune femme dont le père fut un des rares Juifs à lutter contre Ben Gourion, contre la création d’un état qui séparait Juifs et Arabes. A l’époque du Christ (où il poussa Jésus à accomplir son destin) comme en ce milieu du 20e siècle où Amos Oz situe son roman (et comme de nos jours), Judas n’est-il pas celui sans qui rien de ne peut arriver ?

Chez Robert Laffont, Jean Le Gall nous propose « Les Lois de l’apogée », un roman cinglant et drôle sur trente années de vie française. En 1988, Jérôme Vatrigan décroche le prix Goncourt pour son premier roman ; ce sera sa seule œuvre et il se consacre à l’édition tandis que son épouse, l’ambitieuse Greta, est une puissante conseillère du monde des affaires. Leur couple n’a très vite plus aucune existence, mais curieusement, ils restent ensemble, liés par des lois semblables à celles qui dirigent des planètes lointaines et pourtant dépendantes. Dans ce paysage de mensonge, les faussaires de toutes sortes peuvent nourrir les plus hautes ambitions.

C’est un curieux premier roman que nous offre le Québécois Daniel Grenier avec « L’année la plus longue » paru chez Flammarion. Thomas Langlois est né un 29 février, comme son aïeul Aimé Bolduc qui avait le privilège de ne vieillir qu’une année sur quatre. En suivant les vies de ces deux personnages, le lecteur se promène à travers trois siècles d’histoire et un continent : l’Amérique du nord, des Appalaches à Montréal. De la prise de Québec par les Anglais en 1760 à l’attentat du 11 septembre 2001, de la défaite des Indiens au combat des Noirs, c’est l’âme toute entière de l’Amérique qui est conviée dans cette fresque épique.

Chez Seuil, Stéphane Audeguy nous propose un roman atypique : « Histoire du lion Personne ». « Il est absolument impossible de raconter l’histoire d’un lion, parce qu’il y a une indignité à parler à la place de quiconque, surtout s’il s’agit d’un animal » nous dit l’auteur. « Il est absolument impossible de raconter l’histoire du lion Personne, qui vécut entre 1786 et 1796 d’abord au Sénégal, puis en France. Cependant, rien ne nous empêche d’essayer. » L’humour à rendez-vous avec l’Histoire, mais aussi avec la tendresse, dans ce roman au style narratif qui se veut un peu « à l’ancienne. »

Chez Calmann-Lévy, Antonin Malroux regagne une fois encore son Cantal natal pour nous donner « Marie des Adrets ». En 1906, Marie vit avec ses parents dans une ferme près d’Aurillac. Courtisée pour sa beauté, par tous les garçons du coin, elle les repousse dans l’attente d’un grand amour. Un jour, quelqu’un l’enferme dans une grange et y met le feu. La jeune fille reste défigurée. Elle va désormais consacrer sa vie à démasquer le coupable et à préparer une terrible vengeance.

 

JEAN-LUC  AUBARBIER.

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