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by • 30 juin 2017 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur ESSOR SARLADAIS du 30 juin 20171024

ESSOR SARLADAIS du 30 juin 2017

 

 

TRILOGIE NEW YORKAISE POUR JAY Mc INERNEY.

Le Tour des Livres.

 

Romancier culte des Etats-Unis, Jay Mc Inerney propose une lecture de l’Amérique et de New York à travers un quart de siècle. « Trente ans et des poussières » (disponible en poche chez Points), ce sont les années 80, la réussite économique à tout prix. « La belle vie » (idem), le choc du 11 septembre et la fin des certitudes ; « Les jours enfuis », que les éditions de l’Olivier viennent de traduire, le temps de la nostalgie. Les héros récurrents vivent eux-aussi au rythme de leur pays : ils jouent, gagnent, perdent, trichent, vieillissent et regrettent le bon vieux temps. Dans « Trente ans et des poussières », ils sont jeunes et pleins d’espérance dans l’avenir. Russel et Corrine (les Américains écrivent comme cela ce prénom français) forment un couple à la mode à New York. Ils se connaissent depuis la fac et n’ont pas encore d’enfant. Il est éditeur, elle est courtière en bourse. A lui la gloire intellectuelle ; à elle de faire bouillir la marmite. Lorsque Russell entreprend de racheter la maison d’édition où il travaille, ce changement social va fissurer le couple. Russell est invité partout, subit des tentations. Corrine se sent marginalisée. Un roman à la fois social et glamour qui n’est pas sans rappeler Scott Fitzgerald. « La canicule jouait son rôle de niveleur : tous semblaient égaux sous son empire, pourtant les SDF proliférèrent cet été-là comme des plantes tropicales surgissant des fentes du trottoir, tandis que les émigrés bivouaquaient longtemps après la nuit tombée sur le perron des immeubles pour fuir le purgatoire de leur chambre… Le seul bruit qui émanait des tours de l’argent, franchissant leur isolation, était la rumeur constante, envahissante, de la climatisation. Les riches restaient emmurés à l’intérieur de leurs forteresses thermiques, ou allaient à la plage. »

Pierre Péju regagne la haute montagne qu’il affectionne tant pour nous donner, chez Gallimard, son dernier roman « Reconnaissance ». « Un soir, dans un refuge de haute montagne, un mystérieux randonneur m’a fait don d’un bloc transparent qu’il prétendait être le ‘Cristal du Temps’. Plus tard, au lieu de me remettre à la rédaction de mon roman, j’y ai plongé les yeux. Des moments de ma vie ont surgi en désordre : scènes banales ou incongrues, êtres perdus de vue …. Fasciné, j’étais contraint de reconnaitre – comme un homme admet être le père d’un enfant – que ces aventures invraisemblables, ces rencontres sans lendemain, étaient bien miennes. » Un roman où vie réelle et vie rêvée se mêlent étroitement.

Chez Plon, Hélène Rissler publie « La plus folle de nous deux ». Rien ne semble pouvoir arrêter la course de Noémie Leblond vers la présidence de la République. Femme dans un monde d’hommes, elle semble résoudre d’un claquement de doigt toutes les épreuves qui se présentent à elle : séduction, ambition, pouvoir, maternité. La narratrice, une journaliste qui a décidé d’enquêter sur ce phénomène, se retrouve fascinée, presque prise au piège, en s’approchant de Noémie. Ses propres fragilités remontent à la surface, jusqu’aux terribles heures de l’enfance.

Chez Jean-Claude Lattès, Maryse Condé nous propose « Le destin triste et fabuleux d’Ivan et d’Ivana ». Ivan et Ivana, deux jumeaux, naissent dans un petit village côtier de la Guadeloupe. Leur père, un musicien et poète malien, s’est enfuit avant leur naissance. Ivan aime passionnément sa sœur, trop peut-être, et une sourde violence venue de loin va peu à peu l’animer. Ivana n’est que douceur, mais cette douceur peut prendre l’aspect d’un poison. Ils sont les héritiers d’une longue histoire, capables du plus grand amour comme de la haine la plus farouche. Deux vies qui n’en forment qu’une et nous entraine de la révolte d’une adolescence antillaise au fracas de la mondialisation.

 

JEAN-LUC  AUBARBIER.

 

 

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