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by • 27 octobre 2016 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur ESSOR SARLADAIS du 28 octobre 2016.1405

ESSOR SARLADAIS du 28 octobre 2016.

 

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LES BOTTES SUEDOISES.

Le Tour des Livres.

 

Les nombreux lecteurs qui ont adulé le roman du Suédois Henning Mankell, « Les chaussures italiennes » découvriront avec délice cette suite (qui peut se lire de manière indépendante) « Les bottes suédoises », toujours publié chez Seuil. Resté seul sur son île nordique après le décès de sa compagne, le vieux chirurgien Frédérik Welin voit sa maison de bois, et tout ce qu’il possède, détruit par un incendie. A quoi bon continuer cette vie solitaire ? Devenu une sorte de Robinson Crusoe du septentrion, il redécouvre peu à peu les sensations de la vie en portant son intérêt sur la jeune journaliste Lisa qui enquête sur le sinistre. D’autant plus qu’on le soupçonne d’avoir mis le feu lui-même à sa maison. Un incendiaire sévirait-il dans l’archipel ? Sa fille Louise le rejoint mais lui apporte plus de problèmes que de solutions. C’est plutôt lui qui va se remettre en marche pour l’aider. La solitude est le grand thème de ce beau roman posthume du grand Henning Mankell.

La Russe Liouba Vinogradova nous fait découvrir les étranges aventures de ces jeunes femmes qui se sont engagées comme aviatrices dans l’armée rouge pour lutter contre l’invasion nazie. « Les combattantes » est publié chez Héloïse d’Ormesson. Cet épisode peu connu du conflit mondial est ravivé par de nombreux témoignages : ces jeunes femmes de vingt ans, tout en se distinguant de leurs camarades masculins, se battent comme des hommes. Trois régiments (chasse, bombardement et bombardiers de nuit) seront constitués. L’URSS est un des rares pays (avec Israël, et pour les mêmes raisons de manquent de soldats) à avoir utilisé des femmes dans des unités combattantes.

Chez de Fallois, Olivier Merle poursuit son cycle romanesque sur le début du christianisme (commencé avec « Le fils de l’homme ») en publiant « Urbi et Orbi ». On dit de saint Paul qu’il a « inventé » le christianisme, lui qui n’a pas connu Jésus. En conservant les règles établies de l’histoire rationnelle et en utilisant les dernières découvertes des archéologues et des exégètes, Olivier Merle nous montre comment les disciples du Christ vont se diviser entre ceux qui restent dans la lignée juive et ceux qui vont helléniser le judaïsme jusqu’à le transformer en une nouvelle religion. La destruction du temple de Jérusalem par les Romains va décider du vainqueur.

La cuisine comme aventure spirituelle, c’est ce que nous propose Marie Ndiaye dans  « La Cheffe, roman d’une cuisinière », paru chez Gallimard. Assistant (et amoureux) d’une grande cuisinière bordelaise, le narrateur nous raconte sa vie et sa carrière. Comment les plaisirs du corps procurés par les aliments peuvent nous mener à l’extase et à l’amour du prochain, voilà un thème ambitieux que seule la littérature pouvait traiter. Les phrases de Marie Ndiaye explorent chaque recoin de l’âme humaine et le mettent en lumière, pour en exprimer, comme un jus, sa meilleure part et sa vérité.

Aux Presses de la Cité, Hervé Jaouen nous propose « L’Allumeuse d’étoiles ». En Bretagne, sous les lumières du Modern Dancing, la blonde et timide Evelyne se métamorphose en la brune  incendiaire Eva, aux fatals yeux noirs. Dans ce lieu perdu des monts d’Arrée, elle chante le blues pour un public de vieux endimanchés. Fasciné par cette apparition, Ropaz, poète en mal de reconnaissance, en fait sa muse et cisèle pour elle les vers d’une chanson. Mais ce couple bancal, à la sensibilité s’écorchés vifs, devient la proie d’un margoulin.

 

JEAN-LUC  AUBARBIER.

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