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by • 13 janvier 2014 • Mes chroniques littérairesComments (0)1562

Essor sarladais du 27 12 2013

POUR LIRE AU COIN DU FEU.

Le Tour des Livres.

 

Née en Iran, Chandortt Djavann déclare, dans une interview au Nouvel Observateur : « Le français est ma patrie ». Cette langue qu’elle a apprise à l’âge de 26 ans, elle lui a dédiée sa vie et son roman « La Dernière Séance », publié chez Fayard. Elle y raconte le long parcours de Donya (son double littéraire), à la recherche de sa paix intérieure. Donya s’enfuit d’Iran après un viol collectif, gagne la Turquie où elle avorte et apprend la mort de son père. Réfugiée à Paris, elle entreprend une psychanalyse pour mettre à plat sa vie d’autrefois, entre une mère indifférente et un père tyrannique. Se reconstruire, recoudre bout à bout les pièces de son existence éclatée, combler par l’intelligence les manques affectifs, tels sont ses objectifs. Le roman alterne les séances d’analyse et le récit de la vie de Donya, à l’image de sa vie éclatée.

Restons dans le domaine de l’analyse avec « La Garçonnière », d’Hélène Grémillon, publié chez Flammarion. Quand la police de Buenos Aires retrouve la belle Lisandra morte après avoir été défenestrée, elle emprisonne sur le, champs son mari, Vittorio, un célèbre psychanalyste. Convaincue de son innocence, Eva Marie, une de ses patientes, va mener l’enquête. Elle pénètre peu à peu dans l’univers trouble de la psychanalyse, écoute les bandes enregistrées des séances. Le meurtrier est peut-être un autre patient ? Mais Eva Marie peut-elle juger en étant, elle-même, à l’intérieur de l’histoire ? Un roman remarquablement construit et rythmé.

Chez Actes Sud, Raphaël Jérusalmy a choisi François Villon comme héros de son roman « La Confrérie des chasseurs de livres ». Ayant échappé à la potence, le poète maudit se voit confier par Louis XI une mission secrète et périlleuse : il doit convaincre l’imprimeur Fust de s’installer à Paris pour y publier les ouvrages interdits par l’Eglise. Il doit pour cela recevoir l’aval d’une société secrète basée à Jérusalem : la confrérie des chasseurs de livres. Amour, dangers, complots, entre France, Italie et Terre Sainte forment la trame de ce roman picaresque qui rappelle Umberto Eco.

Avec « Retour à Salem », publié chez Albin Michel, la pianiste Hélène Grimaud poursuit son aventure littéraire. Ce roman à la fois autobiographique et fantastique met en scène Hélène qui découvre, chez un antiquaire de Hambourg, une étrange partition signé de Brahms. L’interprétation de la pièce va mettre en œuvre des forces obscures et hors du commun.

Chez Jean-Claude Lattès, Megan Abbott nous plonge dans l’univers des pom-pom girls d’un lycée américain, avec « Vilaines filles ». Malgré leur look parfait, il n’est rien de plus tordues que ces adolescentes qui se jalousent et qui s’engagent dans l’équipe « parce qu’il faut bien quelque chose pour occuper le vide de l’adolescence. » Lorsque Colette, une nouvelle coach prend la tête de la troupe, Beth se voit déboulonner de son statut de capitaine. Rumeurs, médisances et sabotages vont désormais rythmés la vie des filles. La rivalité entre les deux meneuses va vite tourner au drame.

Au rayon des beaux livres, il faut mentionner « Les Templiers dans le Lot », de Jean-Luc Alias, publié par Pascal Galodé, qui comblera aussi bien les amateurs d’ouvrages régionaux que d’ésotérisme. L’auteur nous emmène sur les pas des chevaliers au blanc manteau du Quercy, nous présente les acteurs de l’époque, nous fait visiter ce qui reste des commanderies, le tout magnifiquement illustré.

Revenons en Périgord pour découvrir le remarquable ouvrage de Patrice Rolli, publié aux éditions de l’Histoire en partage : « La Phalange nord-africaine en Dordogne ». En 1944, le Périgord est ravagé par une armée constituée de truands et d’islamistes travaillant pour la Gestapo française sous les ordres d’Henri Laffont, parrain de la pègre parisienne. La sinistre troupe se livra à des pillages, des exécutions sommaires et effraya jusqu’aux Allemands eux-mêmes. Un livre extrêmement bien documenté sur une page méconnue le notre histoire.

 

                                                             JEAN-LUC  AUBARBIER.

 

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