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by • 28 septembre 2015 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur ESSOR SARLADAIS du 25 septembre 2015.1590

ESSOR SARLADAIS du 25 septembre 2015.

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ADIEU MONTAIGNE.

Le Tour des Livres.

 

Jean-Michel Delacomptée qui nous avait déjà donné un ouvrage sur La Boétie (« Et qu’un seul soi l’ami », chez Gallimard) nous propose un remarquable essai sur Montaigne avec « Adieu Montaigne », publié chez Fayard. Notre époque s’est prise de passion pour le philosophe périgourdin. « Un été avec Montaigne » sous la houlette d’Antoine Compagnon, les « Essais » transformés en livre de vie sous la plume de Sarah Bakewell, Montaigne est partout. Pourtant, ce qui a fait sa gloire n’est-il pas en train de disparaitre ? Son humanisme s’appuie sur une parfaite connaissance des auteurs grecs et latins, langues deux fois mortes dont l’enseignement se perd. Son usage subtil de la langue française, parfois mâtinée de gascon, n’est plus en vogue à l’heure des SMS. Son individualisme heurte les comportements moutonniers, son scepticisme indigne les dogmatiques, tout comme sa liberté de ton et de conscience. Montaigne incarne le pouvoir créateur du verbe, la sincérité. Si les « Essais » nous aident à vivre, ce ne peut être qu’au prix de la conservation de l’héritage.

Un nouveau Jim Harrison est toujours un évènement littéraire, et « Péchés capitaux », chez Flammarion, ne déroge pas à la règle. On y retrouve l’inspecteur Sunderson, désormais à la retraite et bien décidé à profiter de sa passion pour la pêche et la nature dans un bungalow au bord d’un lac du Michigan. Mais il a pour voisin une famille bien plus abominable que les frères Dalton : les redoutables Ames, hors-la-loi violents qui meurent les uns après les autres. Sunderson prête son concours à la police locale, tout en lutinant quelques membres féminins de la famille Ames. Héros vieillissant, il se demande si ce n’est pas un péché que d’avoir une relation sexuelle avec la très jeune Monica. La nature offre un refuge, un regain de virilité brute ; elle procure aussi des aspirations spirituelles. Mais la violence n’est-elle pas pire que tout, notre huitième péché capital ?

Chez Zulma, Hubert Haddad nous procure un double plaisir en nous donnant deux romans pour cette rentrée littéraire. « Ma » est un roman japonais qui nous entraine sur la voie du détachement ; « la marche à pied mène au paradis » nous avertit le prologue. En souvenir de Saori, la femme qu’il a aimé, Shoichi s’initie à l’art du haïku en suivant la trace des maitres. « Corps désirables » nous propulse dans la tête d’un journaliste qui doit subir une greffe de corps. Qui sera-t-il après cela ? Aimera-t-il toujours la belle Lorna ?

Chez Belfond, le Briviste Gilbert Bordes nous propose « La disparue de Saint-Sauveur ». Jean, boulanger dans un petit village du Nord, et sa femme Valérie, ont élevé Anaïs après la disparition de sa mère. Jeune fille studieuse, Anaïs a aujourd’hui dix-huit ans. Elle boit, fugue, fréquente des voyous. Que lui est-il arrivé pour qu’elle subisse une telle transformation ? Saura-t-on ce qu’est devenue Marie, la mère d’Anaïs ?

Chez Calmann-Lévy, Raphaël Delpard nous emmène dans la Sarthe, en 1914, avec « Le courage de Louise ». En 1914, la mobilisation a vidé les campagnes. Les femmes doivent prendre la place des hommes et exécuter les travaux les plus durs. Louise est toute jeune, inexpérimentée ; elle va faire comme les autres, faire ‘son devoir’ à l’image des hommes qui sont au front.

 

JEAN-LUC AUBARBIER.

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