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by • 24 août 2017 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur Essor sarladais du 25 août 2017.974

Essor sarladais du 25 août 2017.

 

 

« GLAISE », la révélation de la rentrée littéraire.

Le Tour des Livres.

 

Pour ce troisième roman à la Manufacture du livre, l’auteur du Limousin Franck Bouysse devrait tenir le haut du pavé littéraire. « Glaise » touche au chef d’œuvre et l’univers de l’auteur se rapproche un peu plus de celui de Giono. Dans un petit village du Cantal, au pied du mont Violent, en août 1914, les hommes s’apprêtent à partir à la guerre. Ils donnent leurs dernières consignes aux femmes, aux vieux et aux enfants qui devront les remplacer, en attendant leur retour qu’ils espèrent proche. A la ferme de Chantegril, Victor confie son épouse, Mathilde, et sa mère, Marie, à Joseph, son fils de quinze ans qui devient l’homme de la famille. Le vieux Léonard, qui vit seul avec sa femme folle, les aidera. Chez les Landry, c’est le fils, Eugène, qui est mobilisé. Son père, le terrible et ambitieux Valette, en profite pour maintenir sous sa coupe son épouse Irène, ainsi que sa belle-sœur, Hélène, qui s’est réfugiée chez lui avec Anna, sa fille, après le départ de son mari au front. Valette est le mâle dominant, mais, avec la guerre, le pouvoir ne revient-il pas au ventre des femmes ? Quand Joseph et Anna vont s’aimer, ce sera Roméo et Juliette en Auvergne. Un magnifique roman d’apprentissage construit autour d’une nature magnifiée et magique ; un drame à l’antique car tout est vivant, tout est lié, dans l’univers de Franck Bouysse où le destin implacable pèse de tout son poids sur les vivants et sur les morts.

Le titre du dernier roman de Janine Boissard, paru chez Fayard, devrait parler aux Sarladais : « La Lanterne des morts ». C’est la deuxième fois que la romancière situe son œuvre dans notre ville. Le précédent, « Un mariage d’amour », disponible chez Pocket, mettait en scène une famille de notaire de Sarlat. « La Lanterne des morts » raconte l’histoire de deux sœurs, Lila et Adèle, qui rêvent de mener la grande vie. Hélas, si Adèle est douce, tendre et responsable, Lila, victime d’une terrible bipolarité, sème le malheur autour d’elle. Elle se trouve mêlée à plusieurs évènements tragiques, toujours liés à des affaires d’argent. Quand elle s’attaque à celui qu’elle aime, Adèle accepte d’enquêter sur sa sœur, et découvre la vérité. Un drame familial mit en scène dans les superbes paysages du Périgord Noir.

C’est en s’inspirant de sa propre histoire familiale, l’histoire de sa mère, que Philippe Pollet-Villard a rédigé « L’enfant-mouche », publié chez Flammarion. En 1944, dans un petit village de Champagne, Anne-Angèle accepte de prendre en charge Marie, une petite fille aux origines troubles. Aussitôt, elle doit faire face à l’hostilité des habitants. Désormais, son quotidien sera fait de bassesses, de combines et de violence. A une époque où vivre est dangereux, Marie va devoir grandir très vite, devenir une enfant-adulte à la force d’âme surhumaine. Quand elle s’aventure du coté allemand, un nouveau monde s’ouvre à elle.

Publié par les éditions Belfond, « Max et la grande illusion » est le premier roman audacieux et original d’un cinéaste allemand, Emanuel Bergman. En 1934, à Prague, Mosche, fils de rabbin, orphelin de mère et en conflit avec son père, décide de partir avec un cirque de passage. Il devient le Grand Zabbatini, l’illusionniste que tout le monde veut voir, y compris Adolf Hitler. En 2007, devenu un vieillard cynique et désabusé vivant à Los Angeles, il croise la route de Max, un garçon de onze ans, désespéré par le prochain divorce de ses parents. Il le prend sous sa protection. Le magicien pourra-t-il faire des miracles en intervenant dans la vie des gens ?

 

JEAN-LUC  AUBARBIER.

 

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