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by • 22 septembre 2022 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur Essor Sarladais du 23 septembre 2022.92

Essor Sarladais du 23 septembre 2022.

ANNEES DE PLOMB.

Le Tour des Livres.

    Avec « La Vie Clandestine » qui parait chez Gallimard, Monica Sabolo nous livre un roman qui tutoie son passé familiale. Ici, « Je » n’est pas une autre. Dans ces années 80, les « révolutionnaires » se répandent sur le monde, et en particulier sur l’Europe. En 1986, les membres d’Action Directe deviennent des assassins. En menant son enquête sur Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron, antifranquistes devenus terroristes,  et leurs amis, morts ou vivants, dans le but de les intégrer dans un roman, Monica Sabolo se heurte à son propre passé. Qui était réellement son père, employé par les Nations Unies, qui apparait et disparait dans sa vie ? Qui sont ces hommes louches qui le recherchent ? Pourquoi cette vie erratique ? Elle réside à Milan, quand le terrorisme des Brigades Rouges y éclate, en 1972. Que faisaient ses étranges grands-parents dans l’ambiance révolutionnaire de l’époque ? La mémoire souvent défaillante de la romancière donne aux siens l’air trouble d’une famille à la Modiano.

Même époque et même éditeur pour Patrick Pécherot et son roman « Pour tout bagage ». En 1974, cinq lycéens qui se prennent pour des héros abattent un passant. Ils voulaient imiter les membres du Gari antifranquistes, exécutant un banquier. Dans ce vrai roman noir, le manichéisme règne : le capitalisme, c’est le fascisme. Cuba, Mao, le Gari, voilà le bien. Au-delà de ce romantisme hippie et gauchiste, quarante ans plus tard, Arthur, le narrateur, tente de retrouver Yvon, Paul, Antoine et Sylvie. Deux d’entre eux sont morts, certains ce sont rangés, d’autres tentent de préserver « l’idéal ». 

La Sicile des années 50 prête son cadre au roman de Philippe Vilain, publié chez Robert Laffont, « La Malédiction de la Madone ». Assunta Maresca, surnommée Pupetta pour sa beauté, possède un pedigree effrayant. Son père appartient à la Mafia et tous les membres de sa famille sont des bandits redoutables. A 19 ans, elle épouse Pasquale, un boss de la Camorra. Six mois après le mariage, il est assassiné et, selon la tradition locale, personne n’a rien vu et la police refuse d’intervenir. Pupetta se charge elle-même d’exécuter l’assassin de son époux. Une histoire vraie qui raconte un pays où,  par delà le Bien et le Mal, celle qui incarne le courage et l’honneur, restera une héroïne.

Pour comprendre une époque, rien ne vaut le recul de l’âge. Avec « Mes révoltes », paru chez Gallimard, Jean-Marie Rouart tente de faire le point sur son propre passé. Lui qui est né dans un milieu favorable, a souvent tout remis en cause. Pourquoi ? Dans le roman de sa vie, il interroge sa destinée et les hommes d’exception qu’il a rencontrés.

                                                                     Jean-Luc Aubarbier.

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