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by • 24 février 2018 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur ESSOR SARLADAIS du 23 février 2018.267

ESSOR SARLADAIS du 23 février 2018.

 

 

 

Roman choral de Delphine de Vigan.

Le Tour des Livres.

 

Le roman choral est à la mode ; avec « Les Loyautés », paru chez Jean-Claude Lattès, Delphine de Vigan nous montre qu’elle en maîtrise parfaitement les codes. Tout commence avec deux adolescents à problème, Théo et Mathis, qui ont pris l’habitude de s’alcooliser régulièrement. Hélène, enseignante, voit que Théo est intérieurement absent ; elle s’inquiète, tente d’alerter sa hiérarchie. Mais elle n’a rien de précis à dire. N’est-elle pas trop impliquée, ayant elle-même été maltraitée dans son enfance ? Cécile, la mère de Mathis, dépressive et en rupture avec son mari qui dissimule un terrible secret, n’aime pas que son fils fréquente Théo, mais que peut-elle y faire ? Mathis est un suiveur qui se sent protéger par son ami. Quant à Théo, il vit mal sa garde alternée, entre une mère qui ne supporte pas d’avoir été quittée et un père qui sombre dans la déchéance. Chaque session apporte une connaissance supplémentaire sur l’histoire et les personnages et cette polyphonie particulièrement réussie se révèle très agréable à lire.

Chez Albin Michel, Jean-Claude Lamy nous convie à une étrange rencontre avec « Céleste et Sagan, pour l’amour de Proust ». Céleste Albaret, la gouvernante de Marcel Proust, est morte en 1984, à l’âge de 83 ans, et la romancière Françoise Sagan en 2004, à 69 ans. Toutes deux étaient des admiratrices sans limites de l’œuvre de Proust. Si elles s’étaient rencontrées, elles auraient eu beaucoup de choses à se dire. Jean-Claude Lamy imagine ce tête-à-tête avec talents.

Tout le monde aime le panda, cette peluche noire et blanche qui symbolise la culture chinoise et la sauvegarde de la nature. Mais ce petit ours amateur de bambous aurait probablement disparu sans la persévérance de celui qui le découvrit en 1869, le père Armand David. Spécialiste de la Chine, José Frèches nous raconte cette histoire méconnue dans un roman paru chez X.O. « Le père David, l’impératrice et le panda ». Avec lui, nous remontons le Fleuve Bleu jusqu’aux forêts du Sichuan et dialoguons avec l’impératrice Cixi pour la convaincre de l’intérêt de sauvegarder l’espèce.

Romancière et philosophe, Mazarine Pingeot nous propose « Magda », son dernier roman, paru chez Julliard. Comment réagit-on quand on apprend par la télévision que sa propre fille est accusée de tentative de meurtre en relation avec une entreprise terroriste ? La discrète Magda voit soudain son intimité fouillée par des enquêteurs suspicieux  et livrée au regard malveillant du public. Tandis que la procédure traine en longueur, Magda se demande qu’elle est sa part de responsabilité dans la dérive de sa fille. Quelle part de soit transmet-on à ses enfants ? Le secret d’une génération fait-il basculer la suivante dans la clandestinité ?

L’Américaine Emily Fridlund livre, chez Gallmeister un étonnant premier roman « Une histoire de loups ». Madeline, adolescente un peu sauvage, observe à la jumelle ses nouveaux voisins qui viennent d’emménager sur la rive opposée du lac. Un jeune couple et leur petit garçon qui semblent mener une vie de rêve. La jeune femme propose à Madeline de s’occuper de leur enfant. Madeline entre petit à petit dans la vie quotidienne et l’intimité du couple qui va se révéler bien différend de son apparence.

 

JEAN-LUC  AUBARBIER.

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