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by • 21 juin 2018 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur ESSOR SARLADAIS du 22 juin 2018.213

ESSOR SARLADAIS du 22 juin 2018.

 

 

HOMMAGE AU PETIT PRINCE.

Le Tour des Livres.

 

C’est un bien bel hommage au « Petit Prince », et à Saint-Exupéry, son auteur, que vient de rendre Frédéric Lesur dans son premier roman « L’Enfant aux yeux d’étoiles » qui vient de paraître chez Anne Carrière. L’auteur, qui réside près de Gourdon, situe son intrigue dans le Nord et le Cantal. Louis Russel, pédopsychiatre vedette des médias, est confronté à un cas difficile. Mathys, dix ans, après la mort brutale de ses parents, s’est replié dans un monde imaginaire. Il réagit violemment à tout contact avec les autres. Il prétend être le Petit Prince. Peut-être est-il réellement fou, victime d’un dédoublement de personnalité, signe de schizophrénie. Russel joue le jeu, se présente comme le petit-fils de Saint-Exupéry et parvient à gagner la confiance de Mathys. Mais ce jeu va l’entrainer beaucoup plus loin, en Aubrac, là où sont morts les parents de Mathys dans un accident de voiture, à la recherche du renard magique qui peut ramener le Petit Prince dans son monde….. et Mathys dans le sien. Une plongée merveilleuse dans l’imaginaire enfantin, rédigée dans un style fin et sensible. Rappelons la dédicace du « Petit Prince » : « toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants (Mais peu d’entre elles s’en souviennent)… A Léon Werth quand il était petit garçon. »

Jean-Guy Soumy établit un pont entre aujourd’hui et le moyen-âge des troubadours avec « Un baiser, rien de plus », paru chez Robert Laffont. Spécialiste de l’amour courtois, Mathilde voyait s’ouvrir devant elle une belle carrière universitaire. Mais le travail de son mari, avocat d’affaire à Toulouse, l’éducation de ses deux enfants, ont remisé ses rêves au placard. Elle a 48 ans quand l’amour passion entre en son cœur, avec le visage d’un jeune étudiant, Raphaël, qui n’est autre que le fils de sa gouvernante. Mathilde aime son mari et n’envisage à aucun moment de tout quitter pour Raphaël, pas plus que de renoncer à ce nouvel amour. Elle propose alors au jeune homme de vivre un amour médiéval, un amour courtois : il devra se soumettre à elle dans une relation inspirée du serment de vassalité. Il devra faire montre des vertus chevaleresques propres au moyen-âge pour mériter l’amour de sa dame. L’amour sans le faire peut il exister à une époque obsédée par le sexe ? Au moyen-âge, le mariage d’amour n’existait pas ; aujourd’hui, tout est permis…. en principe.

C’est en Corse que Nadia Galy situe son dernier roman « Le Cirque de la solitude », paru chez Albin Michel. Ambitieux président de la Collectivité territoriale, Jacques est atterré quand il apprend la mort d’un ouvrier clandestin sur son domaine viticole. S’il livre le coupable, qui appartient à sa famille, le scandale va balayer sa carrière. S’il choisit le silence, son exigence de vertu morale s’en trouvera battue en brèche. Eprouvé par une situation difficile qui voit alternativement le retour sur l’ile de son amour de jeunesse, et la mort de sa mère, matriarche locale, il va devoir faire un choix cornélien qui entrainera automatiquement pour lui un bouleversement.

L’Auvergnate Sylvie Baron nous propose chez Calmann Lévy « Rendez-vous à Belinay ». Le député Edouard Cantelauze s’est suicidé le jour des vingt ans de sa fille ainée, Sonia. Celle-ci est partie vivre avec sa mère à Paris, tandis que Julie, avec sa sœur et son frère plus jeune, est resté auprès de la grand-mère dans la maison familiale. Tous pensent qu’Edouard souffrait de dépression, mais Julie va découvrir une lettre qui remet tout en question. Elle décide de réunir toute la famille à Belinay pour le réveillon. Tandis que la tempête isole la maison, au pied du Plomb du Cantal, la vérité va se faire jour…. et elle sera terrible.

 

 

Jean-Luc  Aubarbier.

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