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by • 20 juin 2019 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur Essor Sarladais du 21 juin 201981

Essor Sarladais du 21 juin 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Divine Delphine.

Le Tour des Livres.

 

Depuis « Rien ne s’oppose à la nuit » et « D’après une histoire vraie », chaque publication de Delphine de Vigan est un enchantement. Toujours fidèle aux éditions Jean-Claude Lattès, elle publie « Les Gratitudes », le roman du grand âge. Ce roman polyphonique raconte les derniers mois de la vie de Michka, à travers les mots de sa fille adoptive, Marie et de Jérôme, l’orthophoniste qui s’occupe d’elle à la maison de retraite. Car tous le roman est une question de mots. Ceux que, peu à peu, perd la vieille dame, dans une confusion humoristique et pleine de sens. Les résidents de l’Ephad deviennent les « résistants », puis les « résignants ». Dans sa bouche aux lapsus révélateurs, sourde devient gourde, étrange, étanche, ménage, méninge. Delphine de Vigan nous fait partager cette peur permanente de perdre des mots et des choses, la pérennité des blessures de l’enfance qui traverse le grand âge, l’inexorable déclin. Ce roman bouleversant évoque pour moi le film d’André Téchiné « Ma saison préférée » qui donna à Marthe Villalonga son plus grand rôle. A lire absolument.

Roman de grande blessure également pour Murielle Magellan, avec Changer le sens des rivières » paru chez Julliard. Issue d’un milieu défavorisée, Marie, serveuse dans un café, vit une relation difficile avec Alexandre, brillant et cultivé. Se sentant humiliée par lui, elle le pousse et le blesse. Le juge qui la condamne s’intéresse à son cas et lui propose, pour qu’elle puisse payer à Alexandre les dommages et intérêts, de l’employer comme chauffeur. Une étrange relation se noue entre le magistrat et la jeune femme qu’il éduque peu à peu, lui faisant découvrir les arts et la littérature. Mais peut-être est-ce le juge, qui dissimule ses propres faiblesses,  qui a le plus besoin de Marie. Un roman à l’écriture simple et poétique qui restitue à merveille l’univers de la jeune femme, car rien n’est plus difficile à décrire que la simplicité.

Violence et passion au pays des châtaigniers. Avec « Le secret de Belle Epine », paru chez Calmann-Lévy, Françoise Bourdon narre la rencontre fatale entre Gabriel Meyran, ambitieux héritier d’une usine de soie dans l’Ardèche à la fin du XIX° siècle, et Colombe, placée comme ouvrière par son père. Déshonorée, bafouée, la petite Ardéchoise ne se voit plus aucun avenir, si ce n’est une vie de culpabilité. Mais pour Gabriel commence la descente aux enfers.

Un roman de Jean Teulé, c’est toujours une surprise. Avec « Gare à Lou ! », paru chez Julliard, il nous entraine dans l’univers d’une adolescente qui a le pouvoir magique de nuire à ceux qui la contrarient. Son don attire la convoitise des militaires qui veulent en faire leur arme absolue. Mais Lou est absolument incontrôlable. Un roman drôle malgré les horreurs qu’il raconte.

 

Jean-Luc  Aubarbier.

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