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by • 18 septembre 2015 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur ESSOR SARLADAIS du 18 septembre 2015.1554

ESSOR SARLADAIS du 18 septembre 2015.

couv profession du père

PROFESSION DU PERE.

Le Tour des Livres.

 

Un père qui invente pour son fils un monde magique peuplé d’espions et de missions secrètes, de vie rêvées, imaginées, pourraient être le père parfait, s’il n’était aussi un être brutal, tyrannique et manipulateur. Telle est la figure paternelle que nous présente Sorj Chalandon dans « Profession du père » paru chez Grasset. Lorsqu’il doit remplir la fiche à l’école, le narrateur est bien embêté, son père prétend tour à tour avoir exercé les métiers de chanteur, footballeur, professeur de judo, parachutiste, espion, pasteur. En fait, le père qui se prétend membre de l’OAS, enrôle son fils pour des missions secrètes (écrire à la craie sur les murs de Paris les noms des généraux putschistes). Il est aussi membre de la CIA et un mystérieux Ted est le parrain américain, manchot et surtout invisible du narrateur. Puis le père entreprend de préparer l’assassinat du général de Gaulle. Toute la famille se voit entrainée dans la paranoïa paternelle, jusqu’au jour où il rompt avec son fils. Mais peut-on sortir indemne d’une secte ?

Chez Robert Laffont, Julien Suaudeau nous propose « Le Français », l’histoire de l’enrôlement d’un jihadiste. Le narrateur mène en Normandie une vie faite de violence ordinaire et d’humiliation, entre un beau-père violent et une mère malade. Il part pour Bamako et travaille pour Fouad, un riche marchand arabe. Des amis de ce dernier lui proposent l’islam radical comme une solution simple pour résoudre tous ses problèmes. Il ignore que les islamistes pratiquent la Taqiya, l’art de la dissimulation, tombe sous la coupe du professeur, un chef radical et espionne l’armée française. Mais les services secrets français le manipulent également et il devient agent double, avec pour mission de sauver Salomé, un agent infiltré en Syrie. C’est ça ou servir de chair à canon pour les islamistes.

Chez Gallimard, Carole Martinez nous propose un conte médiéval « La terre qui penche ». Il s’agit du dialogue entre Blanche, jeune fille morte à douze ans en 1361 et son fantôme qui évoque ce qu’aurait pu être sa vie. Au présent, elle narre le funeste voyage qu’elle entreprend dans les bois avec son père, ainsi que son éducation et les clés qui sont les siennes pour voir au-delà de sa petite vie. Son fantôme évoque le destin tragique des femmes à travers les siècles, la malédiction qui s’attache à leur sort. Langage riche, univers merveilleux et onirique constituent la patte de Carole Martinez.

Gérard Mordillat revient sur l’univers social où il excelle avec « La brigade du rire » chez Albin Michel. Il y a loin des idées à la vraie vie. Lorsque l’éditorialiste Pierre Ramut prêche dans son journal la semaine de 48 heures, la baisse du SMIC et le travail le dimanche, il suscite la colère de ceux qui devront subir ses théories. Il est alors enlevé, séquestré et obligé de vivre selon les règles qu’il a prescrites. Les kidnappeurs sont chômeurs, syndicalistes, profs ; ils ne sont pas toujours d’accord entre eux sur la méthode, mais ils ont choisi le rire comme trait d’union.

Chez Calmann-Lévy, la Charentaise Marie-Bernadette Dupuy poursuit sa saga québécoise avec « Les portes du passé ». En 1946, Hermine poursuit au Canada sa carrière de chanteuse. Elle croise la route d’un riche mécène, Rudolph Metzner qui lui propose d’enregistrer un disque. L’homme qui l’idolâtre en secret, en profite pour l’enlever.

 

JEAN-LUC AUBARBIER.

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