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by • 18 janvier 2015 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur ESSOR SARLADAIS du 16 janvier 2015.1527

ESSOR SARLADAIS du 16 janvier 2015.

couv churchill m'a menti

 

 

L’ENFER DES ILES ANGLO-NORMANDES.

Le Tour des Livres.

 

Dans son roman « Churchill m’a menti », publié chez Flammarion, Caroline Grimm nous révèle des évènements oubliés de la seconde guerre mondiale. Selon Churchill, aucun territoire du Royaume Uni n’a jamais été occupé par les Nazis. Il oublie volontairement les iles Anglo-Normandes, « morceau de France tombé à la mer et ramassé par l’Angleterre » selon Victor Hugo. Déclarées zone ouverte, elles seront néanmoins bombardées en 1940, puis occupées. Comme partout, les Juifs y seront pourchassés, et les résistants aussi. Mais où se refugier dans une ile ? La répression sera plus terrible qu’ailleurs. Un camp de concentration sera ouvert à Aurigny ; les malades seront conduits en mer et noyés. Caroline Grimm imagine la vie d’une adolescente, Victoire, qui va grandir dans cette ambiance et observer les évènements jusqu’au jour où elle aura l’âge pour y participer. Comme ailleurs, les tempéraments se révèlent : l’antisémite Emma cachera un ‘esclave’ russe en fuite, Diane, la bru du bailli collaborationiste, finira par entrer en résistance, Jim le marin profitera des avantages de la guerre. Au moment du débarquement, Churchill laissera pourir la situation et les iles ne seront libérées que le 9 mai 1945.

Dans son thriller « Des dieux et des bêtes », paru au Masque, l’Ecossaise Denise Mina nous conduit dans les bas-fonds de Glasgow. En pleine période de Noël, des meurtres frappent des gens riches de la ville. Lors de l’attaque d’un bureau de poste, Martin Pavel, un étudiant américain, protège un petit garçon dont le grand-père a été exécuté par le voleur. L’inspectrice Alex Marrow, dont le frère est un délinquant, est chargée de l’enquête. Elle soupçonne le ‘sauveur’ d’être pour quelque chose dans cette attaque.

Très beau premier roman que nous proposent les éditions du Passeur, avec « Trois frères et l’éternité » de Jean-Louis de La Vaissière. Dans une maison des Landes, trois frères que la vie a séparé se retrouvent à l’occasion du décès de leur grand-père.  Ils semblent tous très différents, et pourtant un secret les unit. Julien est déstabilisé par une révolution affective, Pierre expérimente sa vocation religieuse, Etienne, le révolté, vit des amours passionnées avec une militante de la Fraction Armée Rouge. Mais leurs interrogations et leur passé les obligent à se reconnaitre comme frères.

Grand amateur de littérature, le comédien Guillaume Gallienne (dont on connait l’attachement au Sarladais) lit et commente pour nous des grands classiques, Proust, Hugo, madame de Lafayette,  dans « ça peut pas faire de mal », un recueil de CD édité par Gallimard et France Inter.

Les éditions Fanlac publient « Les acacias blancs de Gelsa », un essai historique du journaliste Christian Bélingard consacré à José Gonzalvo Uson, un héros oublié de la guerre d’Espagne, puis de la Résistance en Dordogne.  Il combattra dans les maquis FTP prés d’Excideuil, avant de participer à l’opération du Val d’Aran, qui visait à renverser Franco.

Plaisir indicible de relire un grand classique : « L’œuvre au noir » de Marguerite Yourcenar, chez Folio. Nous suivons les voyages de Zénon, médecin et alchimiste, dans une Europe ravagée par les guerres de Religion. Lui qui ne croit en rien, si ce n’est en la physique du corps humain, voyage aussi entre religion et hérésie, et à l’intérieur de lui-même pour découvrir la vérité des choses. Cette quête du sens le raménera dans sa ville natale de Bruges où, caché sous un faux nom, il luttera contre la peste et les maladies, toujours soupçonné, rejetant tous les dogmes. La nostalgie de son passé et l’abandon de sa fuite perpétuelle causeront sa perte. Redécouvrir le style parfait de l’académicienne est un pur bonheur.

 

JEAN-LUC  AUBARBIER.

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