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by • 11 avril 2019 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur Essor Sarladais du 12 avril 2019.131

Essor Sarladais du 12 avril 2019.

 

 

Les trois sœurs de Biscarrosse.

Le Tour des Livres.

 

La romancière périgourdine Corinne Javelaud nous propose un roman familial paru chez City, dans la collection Terre d’Histoires, « Les sœurs de Biscarrosse », trois sœurs qui font écho à la pièce d’Anton Tchekhov, mais la cerisaie y aurait été remplacée par une pinède. Au début des années 30, la famille Gelinmacq s’est enrichie dans la culture des pins et l’exploitation de la résine. Mais les temps changent : les usines Latécoère viennent d’installer sur l’étang de Biscarrosse une usine de montage et une base d’essai pour leurs hydravions. Le roman commence dans l’affliction : Edouard, le patriarche, vient de mourir et Jean-Clément, l’époux de Vinciane, la fille ainée, a disparu à bord de l’avion qu’il pilotait. L’ombre des hommes puissants plane sur les femmes restées seules. Félicité, la mère, défend bec et ongles la mémoire de son mari sur laquelle se lèvent des rumeurs inquiétantes. Vinciane prend la succession de son père à la tête de l’exploitation. Mais lorsqu’elle rencontre le séduisant docteur Bélisaire Turdieu, qui veut la convaincre de venir vivre avec lui à Arcachon, elle doute de son avenir. Mahaut, la cadette, réalise son rêve de devenir pilote. Elle fréquente ses héros : Maryse Hilz et Mermoz. Quant à la petite dernière, Appoline, elle rêve de devenir avocate. Un cruel mystère entoure cette famille dont on dévore littéralement l’histoire.

Chez le même éditeur, un autre romancier périgourdin Marial Maury nous propose un roman aux allures de thriller « L’ile aux orages ». Le journaliste Antonin Berson, son héros récurrent, est au désespoir. Patricia, sa fiancée, est enceinte. Cette nouvelle annonce sa mort. Car une malédiction familiale fait « qu’on est orphelin de père en fils » dans la famille. Il va devoir enquêter sur ses propres racines pour échapper à l’implacable destin. En parallèle, nous suivons l’histoire de Léa, jeune bordelaise nommée institutrice, à la fin des années 40, sur l’Ile Nouvelle, au beau milieu de l’estuaire de la Gironde. La disparition d’une élève, le soir même où elle a conçu son propre enfant avec son collègue Lucien, résonne comme un blâme. Cyprien, ce fils engendré un soir d’orage, elle ne l’aimera jamais.

Chez Calmann-Lévy, l’Auvergnat Antonin Malroux, grand spécialiste du roman de terroir, nous propose « Le cœur de mon père ». En 1914, dans le Cantal, la ferme des Quatre Vents ne compte plus que trois membres : François, le père, Madeleine, son épouse et Violette, leur fille. Mathieu, le fils, a quitté les lieux et son nom ne doit plus être prononcé. Violette aime son père par-dessus tout. Lorsqu’il est mobilisé, malgré son âge, elle se sent coupable des dissensions familiales. Pour se racheter, elle ira jusqu’au plus singulier des sacrifices.

Chez le même éditeur, Louis-Olivier Vitté, corrézien des bords de la Dordogne, nous propose un magnifique portrait avec « La femme qui voulait voir la mer ». Lorsqu’Henri, le mari de Rosine, décède subitement, elle se surprend à n’éprouver aucune peine. Cette vie de fermière, clouée dans une exploitation perdue, loin de tout, ne la comblait pas. Elle rêve d’ailleurs, de départ. Plus rien ne la retient. Alors elle part, suivant le petit ruisseau qui se jette dans la Dordogne, puis le fleuve jusqu’à la mer, découvrant les autres, écoutant ses propres désirs.

 

Jean-Luc  Aubarbier.

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