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by • 12 septembre 2020 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur Essor Sarladais du 11 septembre 2020.70

Essor Sarladais du 11 septembre 2020.

Rentrée littéraire : Bouysse, Enthoven et quelques autres.

Le Tour des Livres.

Les lecteurs attendaient impatiemment Franck Bouysse chez son nouvel éditeur Albin Michel. Avec « Buveurs de vent », ils peuvent être rassurés : l’auteur corrézien a gardé son goût pour le mystère, la magie de la nature et des légendes. C’est un univers de contes de fées qu’il décrit avec ce Gour Noir, lieu plein de secrets, une vallée coupée du monde et de tout. Un homme y règne en maître, Joyce, qui possède toute la petite ville, sa centrale électrique, ses carrières, son barrage. Les habitants aussi semblent lui appartenir, encadrés par un féroce service d’ordre. Mais une fratrie lui résiste, qui vit un peu à l’écart : Marc, Matthieu et Luc, trois frères encore adolescents, et leur sœur Mabel, à la beauté dévastatrice. Ils s’évadent par le rêve, le jeu, la nature. Mabel veut quitter cet univers délétère. Mais Joyce et ses sbires n’admettent pas que l’on s’évade, et ils verraient bien Mabel devenir une de ces prostituées qui travaillent pour eux. Le drame couve.

Surprenant roman que « Ce qui plaisait à Blanche » paru chez Grasset sous la plume de Jean-Paul Enthoven. On se croirait dans une œuvre du début du siècle, avec ses parfums d’Italie (il se déroule à Capri), ses comtesses, ses bals, ses masques et son libertinage. Riche, veuve, libre, divinement belle, Blanche est une femme dangereuse et envoûtante, et le narrateur se laisse séduire, comme une souris devant un serpent qui danse. Mais que lui donne-t-elle en retour ? Des discussions, des postures, des rendez-vous incertains et des tentations vaines. Elle se refuse avec obstination, allant jusqu’à lui offrir en pâture Zita, sa belle servante. Le roman évoque « la femme et le pantin » de Pierre Loüys, et le film que Luis Bunuel en a tiré « Cet obscur objet du désir », le tout rédigé d’une belle plume classique, à l’ancienne.

« Un été nazi », second roman de Léon Cornec, paru chez Robert Laffont, est un livre déconcertant. Il évoque la fascination d’un enfant de dix ans pour le Nazisme. Il est vrai qu’il a de qui tenir, avec un entourage familial raciste et violent. L’été, pendant les grandes vacances, il joue au nazi et combat les ’bougnoules’. Rien de grave pour lui, ce n’est qu’un jeu. Cette dénonciation du racisme est, il faut le dire, assez caricaturale et convenue.

« L’esprit des vents », de François Simon, paru chez Plon, se définie comme l’histoire d’une amitié initiatique à travers un Japon poétique et en ruines. Tateru et Ryu, deux adolescents doivent fuir la Chine où ils vivent avec leur famille, en 1945, quand le Japon vaincu doit évacuer ses conquêtes de la décennie précédente. La petite île où ils résidaient avait tout d’un paradis enfantin. Le Japon qu’ils découvrent, occupé par l’armée américaine, détruit et ruiné, doit accepter une mutation rapide s’il veut survivre. Pour Tateru et Ryu, ce sera la grande mutation vers l’âge adulte.

                                                             Jean-Luc  Aubarbier.

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