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by • 13 janvier 2014 • Mes chroniques littérairesComments (0)1631

Essor sarladais 7 11 2013

MARQUES PAR LA GUERRE.

Le Tour des Livres.

 

« Tout l’amour de nos pères », le nouveau roman de Christian Signol, publié chez Albin Michel, à pour cadre le Périgord, entre Sarladais et Bergeracois. Nous suivons deux siècles d’histoire à travers un journal tenue par les membres d’une même famille : les Marsac. Pierre, le fondateur, enfant trouvé, fera sa fortune grâce à la Révolution et à l’Empire. Devenu médecin, il acquiert la propriété de Grand Castel où il réside avec Marie, son épouse. Il fréquente le philosophe Maine de Biran, mais doit subir la répression de la Terreur Blanche. Sa fille, Albine, poursuivra la rédaction du journal tout en développant la culture de la vigne sur le domaine. Son fils est tué à Solferino et sa fille lors de la Commune, et c’est Aurélien, le petit-fils, qui reprend le flambeau. Médecin à Bordeaux, il perd un fils lors de la bataille de la Marne et le second revient estropié. Devenue elle-aussi médecin, sa fille Ludivine accouchera de Jean en 1932, un enfant sans père et une fille-mère qui scandalise son entourage. Elle sera une résistante courageuse. Mais frappé par la malédiction de la guerre, Jean meurt en Algérie sans connaitre son enfant à venir. Le roman d’une dynastie terrienne.

De terroir, il en est question dans « La première pierre », paru chez Gallimard, un récit de Jean Jourde qui vient de recevoir le prix Jean Giono. Il y a huit ans, en publiant « Pays perdu », l’auteur avait manqué être lynché par une partie des habitants du petit hameau auvergnat où il s’était installé. Certains avaient crus se reconnaitre dans les personnages du roman. L’auteur revient sur ces évènements, décrit la vie solitaire dans ce petit village du Cantal où les légendes et les traditions pèsent encore de tous leur poids, la rude fraternité qui unit la population.

Dans « L’Etranger de Saint-Cernin », paru aux Presses de la Cité, la Briviste Sylvie Anne nous raconte la vie d’un village corrézien dans les années 30. Lorsqu’un ‘étranger’, Lucien Vitrolles, ouvre un café-restaurant dans la village, au risque de ruiner Léonie Lafarge et son Café de la Place, une véritable institution, les rumeurs et les coups bas vont bon train. Jusqu’au jour où un incendie criminel détruit l’outil de travail du nouveau-venu, déchainant les passions.

Chez le même éditeur, Patrice Pelissier, ancien libraire à Clermont-Ferrand, publie « Le Destin d’Alice ». En 1946, prés de Bordeaux, on retrouve les cadavres de deux corbeaux sur la tombe de Joséphine Dénière. Cette menace s’adresserait-elle à Henriette, sa belle-mère ? Dix ans plus tôt, Alexandre, le fils d’Henriette, avait fuit la férule maternelle en s’embarquant pour la Californie avec la jeune Alice. Mais lorsqu’Alexandre meurt pendant la traversée, Alice n’a d’autre choix que de regagner la France, sous la coupe de la terrible Henriette.

Chez Calmann-Lévy, Raphaël Delpart nous propose « L’Enfant qui parlait avec les nuages ». En 1918, dans la Sarthe, Clarisse occupe avec talent les fonctions d’institutrice, tout en vivant chez son oncle, un riche industriel. Elle prend sous sa protection Mina, une petite fille aveugle à l’intelligence vive, et veut lui faire intégrer l’école de la République. Mais la présence d’une « enfant pas comme les autres » dérange certains parents d’élèves. Une cabale est montée contre Clarisse.

Régine Deforges aurait pu intituler son autobiographie « mémoire d’une jeune fille pas sage ». Mais c’est sous le titre de « L’enfant du 15 août » que l’ouvrage parait chez Robert Laffont. La célèbre auteur de « La bicyclette bleue » y raconte en détail son enfance à Montmorillon, et à Payrac, dans le Lot. Elle revient longuement sur ce « cahier volé », ce journal intime où elle recueillait ses premiers émois sexuels, et qu’elle fut obligée de brûler devant témoin. Cet autodafé fut à l’origine de sa carrière de romancière et d’éditrice. Audacieuse, belle, sulfureuse, censurée et courageuse, elle nous raconte son parcours  atypique et ses rencontres enrichissantes.

 

                                                                               JEAN-LUC  AUBARBIER.

 

                                                                      

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