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by • 23 janvier 2020 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur Chronique littéraire du 24 janvier 2020.165

Chronique littéraire du 24 janvier 2020.

L’Islam radical sous la loupe des chercheurs.

Le Tour des Livres.

   Bien au-delà des opinions des uns et des autres, des universitaires tentent de percer les mystères de l’islam radical. Leurs découvertes sont effrayantes. Chez Gallimard, Hugo Micheron s’est immergé pendant deux ans dans le monde carcéral, avant de publier « Le Jihadisme français, quartiers, Syrie, prisons. » Préfacé par Gilles Kepel, l’ouvrage met en avant les ressorts du djihadisme, cinq ans après les attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan. A partir de 24 entretiens, l’auteur montre un mouvement logique qui part des banlieues et de certains prêcheurs radicaux, parfois autoproclamés. En effet, la seule analyse sociologique ne démontre rien : des individus plongés dans un même bain ne deviennent pas tous terroristes. Il n’y a pas de loups solitaires, mais des recruteurs qui savent convaincre. Le départ pour le « califat de Daesh », lieu mythique (à l’instar de l’URSS et de la Chine de Mao dans les années 60) ne pourra lever des illusions profondément enracinées. L’emprisonnement au retour ne peut être qu’un nouvel élan vers d’autres guerres saintes.

Dans « Les territoires conquis de l’islamisme », publié aux Presses Universitaires de France, Bernard Rougier fait une démonstration terrifiante. Sans tomber dans aucune thèse complotiste, il déclare « l’islamisme est un projet hégémonique ». Il démontre comment, à l’intérieur de la France laïque, les musulmans radicaux se sont emparés de l’islam, marginalisant la possibilité d’un Islam à la française, tolérant et démocratique. En se dissimulant derrière une apparente non-violence, en faisant mine de se soumettre aux lois de la République, salafistes, frères musulmans et Tabligh prônent un islam radical, n’obéissant qu’à la charia et poussent à la séparation des musulmans d’avec le reste de la population. Le djihadisme est la conclusion logique de cette idéologie. Car, pour Bernard Rougier, c’est bien dans l’idéologie qu’il faut chercher la source du mal, et non dans des explications psychosociologiques qui excuseraient tout. Les prêches, dans de nombreuses mosquées, répandent des idées hostiles aux femmes, aux Juifs, aux homosexuels et à la démocratie.  La reconquête civilisatrice ne se fera pas sans mal.

Dans « Jésus avant Jésus », paru aux Presses de la Renaissance, le philosophe Armand Abecassis propose une lecture originale des Evangiles, à la lumière du contexte historique. On oublie trop souvent que Jésus était juif, comme tous ses disciples, et qu’il nous faut découvrir son message à l’ombre de la Thora. Il vivait à une époque agitée, où la Galilée et la Judée subissaient le joug de l’empire romain. Son enseignement doit être mesuré à cette aune.

Chez Belfond, l’historienne Tilar J. Mazzeo publie « Les mille vies d’Irena », une bouleversante histoire vraie. En 1942, Irena Sendler, jeune assistante sociale polonaise, est autorisée à se rendre dans le ghetto de Varsovie. Prenant en pitié le sort des Juifs, elle organise, avec les institutions catholiques, un réseau d’évasion qui sauvera la vie de 2500 enfants. L’histoire d’une Juste parmi les nations, humble et courageuse, dont il convient de se souvenir.

Pour finir, nous traiterons d’un roman « évangélique » : « Trois jours à Jérusalem » de Stéphane Arfi, publié chez Jean-Claude Lattès. Selon la Bible, à l’âge de 12 ans, Jésus fit une fugue  à Jérusalem, pendant trois jours. Ces parents le retrouvèrent prêchant dans le temple. L’auteur imagine qu’il ait pu rencontrer le rabbin Hillel qui fut un des plus grands esprits de son temps. On trouve dans sa philosophie bien des messages que l’on reconnaitra plus tard dans les Evangiles. Et s’il avait été le professeur de Jésus ? Une thèse déjà défendue, et peut-être une vérité historique.

                                                                  Jean-Luc  Aubarbier.

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