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by • 19 juin 2020 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur Chronique littéraire du 19 juin 2020284

Chronique littéraire du 19 juin 2020

La mémoire de nos pères.

Le Tour des Livres.

   Le Corrézien Jean-Paul Malaval nous emmène en Auvergne avec son dernier roman « Un  cœur solitaire dans une maison trop grande », publié chez Calmann-Lévy. Vivant seule dans sa grande villa au bord d’un lac, Jeanne ressasse les malheurs qui l’ont frappée avec la disparition successive de ses deux maris. Il lui semble même, qu’à force de se perdre dans les souvenirs, elle finit par confondre rêve et réalité. Lorsqu’elle apprend que Théodore, l’époux de sa petite sœur, la trompe, elle se met en colère et mène son enquête. Trahison, harcèlement, captation d’héritage, détournement de fonds, ce qu’elle découvre la scandalise et la terrifie.

C’est en Corrèze qu’Eric Cherrière situe son beau roman « Mon cœur restera de glace » paru chez Belfond. C’est au fond d’une forêt « un endroit où vivent les sapins des plus anciens, protégés du vent comme de l’exposition au soleil, de la pluie, de la neige. Protégés aussi du regard des hommes » qu’un jeune garçon, trouve refuge en 1918, en compagnie de son frère, une gueule cassée. Ses arbres vénérables sont les véritables héros du roman.  Des soldats allemands d’une autre guerre, à la recherche d’un camarade disparu, s’enfoncent dans ce labyrinthe végétal aussi fermé que la jungle amazonienne. En 2020, un vieil homme peint sur les murs de sa chambre d’hôpital ses sublimes végétaux. Un roman qui explore les existences d’individus ordinaires perdus au carrefour de l’Histoire, et prêche la beauté pour résister à la violence.

Le mauvais choix, tel est le thème de ce roman très fort, « Guerre et père » que Marianne Vic publie chez Fayard. Transgressant les légendes familiales, tout autant que celles de la France, elle découvre un père qui a traversé le XX° siècle en restant obstinément du coté obscur. Né à Oran dans une famille franco-allemande, il vénère un oncle, officier dans la Wehrmacht, et sublime son demi-frère, combattant dans la division Charlemagne, les S.S. français. Lui-même assouvira sa soif d’action en adhérant à l’O.A.S. Trouver sa place dans l’Histoire, être soi-même, ne pas se trahir, tout marchant du coté lumineux, c’est le dilemme de beaucoup d’hommes, surtout quand les écrans sont brouillés.

« Augustin » paru aux éditions Jean-Claude Lattès sous la plume d’Alexandre Duyck, raconte l’histoire du dernier soldat français tué en 1918. L’armistice est signé le 11 novembre à 5h15. Mais les états-majors décident d’attendre onze heures, pour que, symboliquement, la paix intervienne à la onzième heure du onzième jour du onzième mois. Pendant ce laps de temps, le soldat de première classe Augustin Trébuchon est tué. Un roman en forme d’enquête, sur ce jeune berger, deux fois blessé, qui ne prit qu’une seule permission en quatre ans de guerre.

Terminons par un livre fort utile pour tous les écrivains, qu’Emmanuel Pierrat  vient de publier chez Folio : « L’auteur, ses droits et ses devoirs ». C’est un livre juridique, qui ne se lit pas comme un roman, mais qui précise tous les aspects du métier. Le plagiat, le respect de la vie privée, la censure, les garanties, la diffamation, le droit moral : une véritable Bible des créateurs.

                                                                    Jean-Luc Aubarbier.

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