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by • 15 mai 2026 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur Essor sarladais du 15 mai 2026.11

Essor sarladais du 15 mai 2026.

Le testament du diable et autres romans.

Le Tour des Livres.

    Armel Job est un des plus grands écrivains belges, encore trop peu connu en France. Dans « Le Testament du diable », paru chez Robert Laffont, il nous livre une chronique familiale, plus amère que douce. Avec son humour à la fois léger et cruel, il utilise l’héritage comme révélateur des tempéraments. A 65 ans, François Lebel, propriétaire d’un petit journal local, s’effondre, victime d’une crise cardiaque. Il laisse derrière lui l’image d’un homme respecté, aimant la vie et apprécié de tous. William, l’ainé, artiste peintre sans talent, fonctionnaire de son état, s’improvise chef de famille. Son cadet, John, musicien, n’est guère intéressé par l’argent. Chantal et Marie-France, les deux filles du défunt, ont des personnalités effacées. La succession s’annonce sans problème, sous la houlette de l’oncle notaire, quand surgit Fanny, la jeune compagne de François. Il a toujours promis de lui laisser le restaurant où elle travaille comme cuisinière, mais on ne trouve aucun testament. John, secrètement amoureux de Fanny,  ferait bien une exception à la loi, mais les autres s’y opposent. Toutefois, John et William découvrent un testament dans le bureau du défunt qui réintègre Fanny dans ses droits. Personne d’autre n’a vu le document. Que vont-ils décider ? La mentalité de petits bourgeois mesquins, pas forcément méchants, détaillée au scalpel.

Hugo Lindenberg nous avait enchanté avec « Un jour ce sera vide », il récidive avec « Les années souterraines » paru chez Flammarion. Après la mort prématurée de sa mère, le narrateur a du cohabiter avec son père, entre ses cinq et ses quinze ans. Dix années de souvenirs amers auprès d’un être indifférent, absent, dénué d’intérêt pour son fils. L’auteur brosse sa solitude absolue dans un appartement vide de la mère. Il souffre de ne pouvoir inviter ses copains dans un appartement sale et en désordre dont le père, perdu dans ses souvenirs, ne s’occupe pas plus que de son fils. Il gardera toute sa vie un terrible sentiment d’insécurité ; l’absence de tout contact physique perturbera sa sexualité et l’expression d’un sentiment amoureux. Devenu adulte, il reproduira avec Rebecca, sa compagne, ce comportement toxique et gardera un désamour de lui-même. Il omettra longtemps de mettre en vente l’appartement maudit. « L’enfance, ce chemin de ronces, je m’en suis extirpé avec tant de hâte. Elle réside toute entière, images, goûts, sensations, entre les parois de cet immeuble ».

Avec « Aux nuits à venir », paru chez Gallimard, Joffrine Donnadieu raconte l’histoire de Marge la marginale, dont l’esprit est envahi par des créatures obscures et qui refuse toute contrainte. Elle s’introduit chez Victor, un militaire retraité, il la surprend. Au lieu de la chasser, il l’accueille.

Chez Héloïse d’Ormesson, Jean Michelin  ancien militaire, publie « Nous les moches », l’histoire d’un groupe de copains lycéens qui se reforment, la quarantaine venue, pour retrouver leur jeunesse et la musique qui les a bercée. Une ode à l’amitié.

                                                       Jean-Luc Aubarbier.

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