Les années souterraines, Hugo Lindenberg, Flammarion..
Hugo Lindenberg nous avait enchanté avec « Un jour ce sera vide », il récidive avec « Les années souterraines » paru chez Flammarion. Après la mort prématurée de sa mère, le narrateur a du cohabiter avec son père, entre ses cinq et ses quinze ans. Dix années de souvenirs amers auprès d’un être indifférent, absent, dénué d’intérêt pour son fils. L’auteur brosse sa solitude absolue dans un appartement vide de la mère. Il souffre de ne pouvoir inviter ses copains dans un appartement sale et en désordre dont le père, perdu dans ses souvenirs, ne s’occupe pas plus que de son fils. Il gardera toute sa vie un terrible sentiment d’insécurité ; l’absence de tout contact physique perturbera sa sexualité et l’expression d’un sentiment amoureux. Devenu adulte, il reproduira avec Rebecca, sa compagne, ce comportement toxique. Il gardera un désamour de lui-même et des angoisses enfantines. Il omettra longtemps de mettre en vente l’appartement maudit, comme si un interdit pesait sur lui. « L’enfance, ce chemin de ronces, je m’en suis extirpé avec tant de hâte. Elle réside toute entière, images, goûts, sensations, entre les parois de cet immeuble ». Un roman qui dit l’impossible rencontre entre un père vivant dans ses souvenirs et un enfant orphelin dont la mère est la grande absente du récit.
Jean-Luc Aubarbier, écrivains.

Essor sarladais du 7 août 2026. Article suivant