Dur comme fer, Cécile Baudin, Presses de la Cité.
La lyonnaise Cécile Baudin vient de recevoir le prix Polar Michel Lebrun pour son excellent roman « Dur comme fer » paru aux Presses de la Cité. Nando Russo a fuit sa Calabre natale et abandonné femme et enfant, pour devenir mineur en Lorraine. Son père, Socrate, chef de la Mafia locale, a juré de le tuer et il doit disparaitre. En cette année 1901 où l’industrie française embauche à tour de bras, il découvre le dur métier de mineur, le racisme contre les Italiens, mais aussi la solidarité des plus pauvres. Caporal, le mineur, et son fils Gamin l’accueillent avec une bienveillance bourrue. Il tente de se tenir à l’écart des grèves et des mouvements sociaux brutalement réprimés, mais il est néanmoins chassé de la mine de Thil. Par ruse, il obtient un emploi dans une usine à Longwy. La malchance semble le poursuivre : le gérant de l’économat est assassiné, puis un mineur avec qui il s’était disputé. Il est soupçonné, accusé. Persuadé qu’il est rattrapé par la malédiction paternelle, il n’a d’autre choix que de fuir. Douze ans plus tard, un jeune Italien, ancien soldat, se présente en Lorraine. Il se nomme Antonio, c’est le fils de Nando. Il veut à tout prix résoudre l’énigme de la disparition de son père. Aidé par un journaliste et une ancienne prostituée, il se lance dans cette quête dangereuse, creusant dans les faits et les faux-semblants comme dans un filon ferreux. Un ouvrage qui rassemble habilement les qualités d’un roman de terroir et d’un bon polar.
Jean-Luc Aubarbier, écrivain.

Essor Sarladais du 27 mars 2026. Article suivant