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by • 8 août 2026 • Mes chroniques littérairesCommentaires fermés sur Essor sarladais du 7 août 2026.25

Essor sarladais du 7 août 2026.

Voyages en littérature.

Le Tour des Livres.

Avec « Les maisons parachutées », publié chez Gallimard, nous célébrons le retour du roi du roman noir Didier Daeninckx. Nous sommes en 1952, à Nevers, dans une France en pleine reconstruction et encore marquée par la guerre. Lorsqu’on découvre, dans un chantier trois cadavres d’hommes, tous exécutés d’une balle dans la tête, non loin du lieu où son propre père a été exécuté par la Résistance pour avoir travaillé pour le régime de Vichy, l’inspecteur Philippe Orbec se retrouve plongé dans un passé douloureux. Lui-même s’était engagé dans le maquis, et il sait son père innocent. Il ne tarde pas à découvrir que les trois hommes ont été abattus après la fin de la guerre. L’un d’eux portait un bracelet-matricule prouvant qu’il avait été déporté à Mauthausen. Au milieu d’une population qui souffre, de collabos qui se recasent, l’enquête n’est pas facile.  S’agit-il d’un règlement de compte d’anciens collabos par d’anciens maquis ? De communistes, par des policiers qui ne les aimaient guère ? De dissidents par des communistes qui ne les supportaient pas ? Un trafic de faux billets imprimés par les nazis semble ouvrir une nouvelle perspective. Un excellent roman bâti en partie sur une histoire vraie et sur des souvenirs de famille de l’auteur.

Paul Auster, décédé le 30 avril 2024, était un romancier mondialement connu. Avec « Ghost Stories », publié chez Gallimard, sa veuve, Siri Hustvedt, elle-même essayiste de grand talent, raconte leur vie et son deuil, dans un style éblouissant, et d’une rare et tendre intimité. Ce n’est pas seulement un hommage à un grand auteur et à un être aimé, mais l’histoire d’un couple d’écrivain new-yorkais, de leur rencontre, des livres qui les unissent. Elle dit son désarroi, la perte de sa boussole : le deuil, c’est le vide. Les objets dont il faut se débarrasser, ceux qui restent. Comment les souvenirs survivent. Elle utilise une série de mails pour dire l’évolution de la maladie, cherche des signes magiques qui affirmeraient une présence. Que reste-t-il, hormis ses livres, de l’intimité d’un grand écrivain, après sa mort ?

Nous avions adoré « Quitter la vallée » qui se déroulait près des Eyzies, nous avons aimé « Mille hivers », le premier roman de Renaud de Chaumaray paru chez Folio. Une petite ile, au large de la Vendée, abrite trois personnes : le propriétaire des lieux, un homme mourant, sa fille, Dorothée, venue lui rendre visite, et Tortu, le garde qui s’occupe de tout. Un soir de grosse tempête qui interdit toute communication, un iceberg vient s’échouer sur les côtes. Un iceberg, en Vendée ? Tout à fait impossible ! Tortu découvre une autre personne, Grand-Labbé, débarquée en bateau, et qui veut interroger le mourant. Son arrivée a sûrement à voir avec la montagne de glace. Un roman étrange, où la nature semble douée d’une vie propre et d’intentions. L’iceberg, lentement dévoré par les marais, est dangereux. On retrouve le réalisme magique et la nature magnifiée, tant appréciés dans « Quitter la vallée ».

Les éditions Séguier rééditent avec beaucoup d’à-propos « Tableaux des petites et grandes choses de l’existence » du philosophe espagnol Jose Ortega y Gasset, décédé en 1955. On y découvre un amoureux de la vie un critique des civilisations, un observateur de la modernité et un amateur de flâneries littéraires.

                                                            Jean-Luc  Aubarbier.

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