De Normandie en Bretagne.
Le Tour des Livres.
Romancier de l’école de Brive et luthier exilé en région parisienne, Gilbert Bordes nous propose un roman façon « L’île au trésor » ou « Robinson Crusoé » avec « L’île sans nom » paru aux Presses de la Cité. En 1850, en Normandie, Hervé Jauneau, adolescent généreux et intrépide, n’hésite pas à intervenir quand son maître, le marquis de Hesse, frappe injustement un jeune vacher. Chassé, il gagne le port de Dieppe avec l’intention de s’embarquer pour Terre Neuve. Son père, Vincent, y est mort, disparu en mer. N’écoutant que son courage, il sauve de la noyade Tristan, un ancien pirate, tombé dans la rade. Ce dernier lui confie le secret de l’ile sans nom qui abriterait un trésor. Embauché à bord du Matamore, il apprend le rude métier de pêcheur de morue. Un jour de tempête, sa barque se retourne et il est jeté à la mer. Il finit par s’échouer sur une île déserte, inconnue sur les cartes : l’île sans nom. Il doit apprendre à survivre, à faire du feu, à trouver de la nourriture. Le grand nombre de squelettes trouvés sur place indique qu’un massacre y a eu lieu. Il découvre aussi le fameux trésor. Mais à quoi sert l’or quand on vit seul sans moyen pour regagner la France ? Il s’interroge sur la possibilité de construire un bateau à partir d’une épave retrouvée. Mais bientôt, une inquiétude le taraude, qui est également un espoir : l’île est-elle aussi déserte qu’il le croit ?
C’est à Fécamp, en 1960, dans le rude milieu des terre-neuvas, que Martine Marie Muller situe l’intrigue de son roman « Les Amants du gaillard d’avant » paru chez le même éditeur. Si l’on dit qu’il existe trois sortes d’êtres : les hommes, les femmes et les marins, c’est aux femmes de marins que ce roman est consacré. Le capitaine Jacques Duval a disparu en mer. Tombé du chalutier, probablement. Mais peut-être l’y a-t-on poussé. L’enquête sur un éventuel assassinat piétine. Son épouse Ann, une riche Parisienne, se souvient de leur improbable rencontre à bord d’un chalutier. A travers ses souvenirs de femme de marin, dure au mal, et ceux d’Henri, armateur et ami, compagnon de Résistance, le monde héroïque se révèle et la vérité se fait jour.
Toujours aux Presses de la Cité, l’écrivain breton Daniel Cario nous propose « L’Île du Faucon », un polar qui se déroule sur une île au large de Vannes. Philippe et Héloïse, deux gendarmes partis pour une escapade amoureuse en mer, échouent, après une violente tempête, sur une petite île dominée par un château médiéval. Ghislain de Rochette, le propriétaire, semble régner sur les habitants d’une étrange manière et cacher bien des secrets.
Chez Calmann Lévy, Joël Raguénès, auteur breton lui aussi, nous propose « Muriel », l’histoire d’une femme humiliée et combative. Mariée à Bruno, Muriel découvre la trahison amoureuse de son époux. Elle se console dans les bras de Vincent, héritier d’un empire commercial en Bretagne. Mais ce nouveau départ, trop rapide, cache beaucoup d’ombres. Muriel saura résister, s’investir dans son rôle de mère et dans sa carrière de gynécologue.
Jean-Luc Aubarbier.



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